Skip to content

The Residents – Open House (2010)

Dans un débat de rap, si la zone de Staten Island, New-York, est évoquée, il y a 99% de chance que le débat tourne autour du réseau Wu Tang tellement l’île, par sa taille, ne représente pas un réservoir à talent conséquent en comparaison des autres Borough ! Mais de temps en temps, il arrive qu’un artiste arrive à faire son trou en dehors de la labellisation Wu Tang. The Saint en est clairement l’exemple concret même si sa reconnaissance actuelle est plus proche du zéro absolue. Beatmakers, principalement, et mc, j’avais déjà loué son travail concernant le projet The Good People sorti en 2009. Il revient cette année, enfin l’année dernière au Japon en exclusivité, avec Muneshine en provenance de Toronto, lui aussi mc et prodo. Sous le nom de The Residents, le binôme nous délivre Open house avec une liste de 15 tracks.

Si l’on connait un minimum le parcours de ces deux lascars, on comprend bien cet assemblage. Fans des vibes Jazz et soul, les deux prodo sont des habitués des sons Boom Bap teintés de nostalgie. Donc forcément le projet Open House semblent cohérents au niveau de la production surtout qu’ils n’hésitent à faire appel Envoy et Illmind pour les épauler à la production. Par contre là où le projet peut créer des réticences, c’est bien sur les skillz des deux gus au mic, surtout concernant The Saint. S’ils font bien sur parti de la grande famille des mcs intègres ce n’est pas pour autant que leur charisme est assez élevé pour marquer l’auditeur.
Une appréhension ne peut que se confirmer ou non avec le passage à l’écoute. Première constatation, la vibe soul/jazz inspirée des 90’s apparait dès Something Like produit par Illmind, l’atmosphère entrainante du morceau prend direct au corps et fait penser à l’univers d’Hocus Pocus mais au même titre que les bretons, on sent que ça pêche au mic et Rob Swift, en guest, n’arrive pas plus à relever le niveau. Mais comprenons-nous bien, si le charisme de The Saint et Muneshine est comparable à celui d’un Termanology, les textes, eux méritent attention. Si le public actuel ne les connait pas, et à juste raison vue leur buzz, il ne faut pas oublier que ces deux artistes ont collaboré avec le haut du tableau de Spinna, à Pete Rock en passant par Sean Price, Pharaohe, Rob Swift, El Da Sensei ou Prince Po. Ces galons mérités, The Saint et Muneshine, indépendamment, ont toujours préféré la voie intègre de l’indépendance que la facilité de l’appel des sirènes. Et c’est bien cela qui transpire dans leur texte, intégrité, inspiration et désire d’évoluer dans la tradition pure du mceein’ permettant aux deux mcs de capter l’attention.

Dans sa globalité, ce LP est vraiment solide mais aussi rigide, avec 15 morceaux, on tourne parfois en rond surtout dans la longueur. L’album possède, évidemment sa malle à lingot. Le très reposant Do You Thing enjoué par un hook aérophonique, les jazzy Nocturnal et Here To Here décontractent les oreilles et passent bien avec un cigare à la bouche, le verre de whisky single barrel dans la main bien installé dans un fauteuil club. Dans une vibe plus Motown Forever Tonight et Love of My Nights agit comme un décharge impulsant un claquement de doigt pour marquer la note.

Open house est un album à savourer pour ce qu’il est. Sans prétention et sans se vanter de vouloir changer la donne, The Saint et Muneshine livrent une copie propre et agréable. Si l’opus se fatigue par sa trop grande quantité de titres semblables, on retiendra, au final, l’effort fourni. A noter que si l’album est sorti en format CD uniquement au Japon en 2009, Open House est disponible depuis 2010 partout et en téléchargement gratuit et légal !!

14/20

The Residents – Open House (2010)
0 vote(s)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Les balises HTML ne sont pas autorisés.