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Diabolic – Liar & A thief (2010)

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Le nom de Russel Simmons rimera dans l’éternité avec le label populaire Def Jam mais ce résumé est très restrictif. Plus qu’un pilier du mouvement, Simmons fut un visionnaire. En signant le groupe Run DMC de son frère Rev Run sur son label, le jeune entrepreneur allait orienter la vibe du groupe vers des consonances rock afin d’élargir à un public plus nombreux le rap. Porte ouverte aux futurs leaders que seront Cypress Hill et House Of Pain, ce mix entre Rap et Rock a toujours su résister aux critiques des headz puristes pour au final devenir au 21ème siècle le mouvement le plus constant qualitativement en termes de sortie. De Necro à La Coka Nostra en passant par Ill Bill et Jedi Mind Tricks, la vibe rock du rap a su s’adapter à son temps sans pour autant être attirée par les sirènes de la facilité. Au tour du mc Diabolic de mélanger à son pédigrée underground des notes rock avec son premier LP Liar & A Thief.
 

Loin d’être une tête neuve du circuit, Diabolic roule sa bosse tranquillement sur les scènes depuis 2000. Découvert par Immortal Technique et signé sur son label Technique’s Viper Records, il était temps que Diabolic vienne présenter son premier album et surtout sa maîtrise indéniable de la punchline meurtrière.

Au même titre que sa pochette en noir et blanc, Liar & A thief est un album très noir et sans concession où le New-Yorkais vient lâcher un rap abrasif et irritant. Si Stand By reste banal (selon votre acceptation des Drums) par son instru, les amateurs de dépouillement syllabique plus communément appelé coloriage des rimes vous pouvoir se faire plaisir sur cette première démonstration. Une entrée peu copieuse qui sera allégrement comblée par un plat de résistance des plus complets. Première bouchée épicée sur Frontlines accompagné d’Immortal Technique où les deux protagonistes enchaînent les punchlines comme des perles, Diabolic sait recevoir ses guests tout en leur rappelant qui est l’hôte de la maison. Attitude rock rimant souvent avec reef de guitare, Riot débarque avec ses gros sabots et les reefs strident de John Otto échappé pour l’occasion de son groupe Limp Bizkit. Le titre étant assez évocateur, on est loin de la love story comme thématique. Reasons plus intimistes ne met pas de côté les punchlines hargneuses de Diabolic bien au contraire, la maîtrise lyricale inspire le respect, grosse track. Soldier’s Logic et sa construction en format track battle devrait apaiser tout mc susceptibles de venir disser l’effronté. Autre invité, autre calibre avec un Ill Bill a contre emploi et in tantine fatigué sur cet Order & Chaos bien entrainant. Dommage car même la prestation de Diabolic ne remonte pas le niveau. On oublie ce loupé avec I Don’t Wanna Rhyme et son hook bien catchy, l’effet recherché fait mouche. Break temporaire avec TruthDiabolic abandonne le domaine de la punchline pour le storytellin’, sympathique sans être transcendant au même titre que Loose Cannon. Bonne barre de rire grâce à un Vinnie Paz prévisible mais toujours aussi délirant dans ses punchlines. Diabolic ne fait pas pale figure et donne la réplique à Louie Doggs le tout sur une instru très Stoupienne. 12 Shots virée alcoolique dans les entrailles de la douleur accentuée par un hook d’outre tombe de Nate Augustus, gros coup de cœur. 99%, 99%, bis, bis et bis !!! Bon Canibus est bien sympathique mais il y a un moment où il faut savoir se recycler un minimum car In Common avait de quoi décroché une bonne droite lyricale. Même constat, autre problème, si Modern Day Future démontre encore une fois le potentiel de lyrical criminal de Bolic, le hook peut créer des crises nerfs par sa redondance. Behind Bars et Right Here concluent en beauté cette escapade intimiste et meurtrière.

On ne peut finir sans saluer le très bon travail du producteur Vancouver (pas besoin de citer sa nationalité) qui a su s’adapter de façon précise aux envies de Diabolic.

Au final, l’attente d’un premier LP fut longue mais bien récompensée. Diabolic livre une galette sombre de 15 morceaux variant entre son vécu personnel et son parcours de mc certifié par de nombreuses rap battles. Si certains morceaux pêchent par excès de jeunesse, l’ensemble reste cohérant et se savoure sans modération.

 

16/20
Diabolic – Liar & A thief (2010)
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