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Vinnie Paz – Season Of The Assassin (2010)

 
Assassin reconnu dans le milieu pour ses méthodes expéditives, Vinnie Paz est loin d’être un enfant de cœur. Encadré par une armada à sa solde, le mc sniper se déplace continuellement avec son fidèle fournisseur d’arme Stoupe au sein du Jedi Mind Tricks et plus globalement de Army Of The Pharaons, mais pour cette nouvelle campagne de crime l’italo-américain de confession musulmane sunnite fait cavalier seule pour une saison de meurtre, de sexe et d’art, le tout englobé par un concept paranoïaque : « learn from the masses, and then teach them ». Ce sera brutal, sec et sans compromis, bienvenue dans le monde de Vinnie Paz et entrez dans Season Of Assassin. Plus qu’un travail, le meurtre reste chez lui une passion qu’il exerce sans fioriture et sans détail. Certains lui reprocheront sa barbarie et son manque de méthode mais les autres souligneront qu’il ne rate jamais sa cible et s’en tire toujours à bon compte.

Demander à Vinnie Paz de changer de style c’est comme demander à Ill Bill de faire du RnB donc fan de hard beats entrecoupés de reef sde guitare, de punchlines excessives et virulentes ou de batlle mcs, Louis Dog vient vous en donner pour votre compte. Pour les sceptiques habituels, l’arrêt par ce Season Of Assassin ne sera prétexte qu’à confirmer vos impressions sur le gus, donc mieux vaut ne pas s’attarder !

Pas de surprise dans la conception de l’album ni de réelle trame, Vin Laden se la joue kamikaze du début à la fin même si certains morceaux permettent d’en apprendre un peu plus sur ce personnage complexe allant même à faire ce que l’on pourrait appeler un hymne à la femme sur  Righteous Kill (je déconne)…. Pour Booster le tout, Ikon The Hologram a fait appelle à un large panel de producteurs pas forcément dans la même vibe mais qui arrivent à rendre à l’album une certaine homogénéité car entre Muggs, Madlib, MoSS, Stu Bangas, Lord Finesse, Bronze Nazareth, DC The MIDI Alien ou encore Da Beatminerz et 4th Disciple, on peut dire que les moyens sont bels et bien là pour livrer une masterpiece.

Mais voilà, quel différence peut-on faire entre le Frank Vinatra en solo et le Vinnie Paz dans JMT ? Réellement aucune : les thèmes tournent très souvent en rond, on retrouve les incontournables : sa vision religieuse assez déjantée sur No Spiritual Surrender, la vie en général sur Life et sa marque de fabrique par la parano ambiante comme End Of Days. Alors bien sur, on prendra plaisir à voir Ossama Vin Laden Terrorisant Pusha T sur Street Wars, on s’étonnera de sa fragilité sur Same Story, on bougera la tête sur l’egotrip d’Aristotle’s Dilemma (à moins que ce soit l’instru soulfull de Madlib), on participera aux différents assauts meurtriers que sont Pistolvania accompagné de Freeway et Jakk Frost, Kill Em All avec Beanie Sigel ou Nosebleed avec RA The Rugged Man. Mais au final, ce Season Of Assassin n’a rien de neuf à offrir. 21 tracks à digérer, mais encore heureux, l’auditeur n’est pas une oie que l’on peut gaver et au bout de plusieurs écoutes l’album s’effrite pour ne garder qu’une dizaine de tracks. Le nombre d’invités pouvait revêtir un certain intérêt mais l’aspect grosse tambouille de l’ensemble les rend évitable (Block McCloud ou Paul Wall).

Pour tempérer la critique, The Pazmanian Devil délivre un album plus que potable dans la lignée de ses travaux précédents. Peu de morceau où Vinnie Pazienza apparaît seul mais Righteous Kill, Bad Day, Role Of Life, Aristotle’s Dilemma et Beautiful Love raviront certainement les fans de la première heure. Il faudra prendre Season Of Assassin comme un rappel. Car si les voix s’élèvent sur l’empire Jedi Mind Tricks, il n’en reste pas moins le crew le plus représentatif de ce début du 21ème siècle. Pendant longtemps Philadelphia a rimé avec The Roots, maintenant il faudra compter aussi avec Vinnie Paz et sa clique.


15/20
Vinnie Paz – Season Of The Assassin (2010)
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3 comments on “Vinnie Paz – Season Of The Assassin (2010)

  1. escobar56 on said:

    Très bonne chronique encore Mister Drill. Tes deux dernières sont particulièrement intéressantes. J'ai survolé cet opus qui, à vrai dire, ne m'a pas déplu. Sauf que, comme tu l'as souligné, ca reste ultra répétitif avec Vinnie Paz. Toute cette clique Jedi Mind Trinks, Ill Bill et compagnie, ce rap wagnerien comme dirait l'ami Horus, tourne et rond perpétuellement. Cependant ça reste toujours aussi puissant ! Donc au final, que dire, que penser ? Le skeud est kiffant, mais pas original pour un sous. Donc bon, un 15 je pense que c'est qu'il faut. Même si j'aurais probablement mis moins.

  2. Le problème avec ce crew c'est que la redondance musical fatigue mais que le côté efficace provoque toujours le même effet d'adhésion (encore faut-il avoir des atomes crochus avec ce type de rap). Mais bon à la longue ils vont se bruler les doigts d'ailleurs on le voit avec l'expérience Muggs Vs Ill Bill qui est pour le coup plus éreintant qu'intéressant. Par contre à l'inverse le dernier Reef The Lost Cauze (Fight Music) et la vibe très portisheadienne du Dutch de Stoupe (A Bright cold day) ou 7L & esoteric (1212) montrent qu'il y a un effort de fait. Bref c'est et reste du Vinnie !

  3. escobar56 on said:

    Je me suis donc repenché sur l'album la semaine dernière. Je reste sur mon avis : c'est puissant mais ça aurait pu être mieux. Le disque aurait gagné en qualité si les morceaux avaient davantage été triés sur le carreau. Mais bien que tout ne soit pas parfait, ca reste un album sympa qui tournera de temps en temps chez moi. Puis je crois que la pochette justifie à elle seule l'achat. Je crois bien que la commande est pour bientôt…

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