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Tony Patagonia – Art Of The Hustle (2015)

Si votre quotidien se définit par mettre des femmes sur le trottoir, vendre de la drogue, buter la concurrence à base drive by shootin bref devenir millionnaire par tous les moyens illégaux possibles tout en fumant des gros joints au volant de votre berline aux jantes chromées alors le mot d’hustler vous scie à ravir. Mais derrière ce haut niveau de truanderie lucrative, le Hustler se doit d’avoir une attitude des plus irréprochables. La condescendance face à un associé qui vous vole quelques dollars sous le manteau demande de votre part une exécution létale en règle, et cela même si c’est un cousin. De même, ne pas boxer une de ses filles refusant une prestation à un client serait un manquement à l’art du hustler. C’est dans cette optique où parfois les règles s’oublient que le mc de Chicago Tony Patagonia vient nous rappeler les bases du savoir-faire du Hustler. Intitulé sobrement Art Of the Hustle, c’est donc un retour à la school of Hard Knocks que nous propose Tony Patagonia, espérons donc prendre assez de patates auditives pour rétablir nos business illicites dans le droit chemin.

Second effort à son attirail, Art Of The Hustle a la lourde tâche de succéder à Paradox of A Mastermind sorti fin 2013. Un premier album passé trop inaperçu pour le travail effectué. Plus qu’un simple album solo, ce premier essai était avant tout la synthèse collaborative du mc Tony Patagonia et du beatmaker français Prone Da BeatMurder et producteur vedette du label Seven Oddities Records, un essai transformé pour une très belle galette qui ravira forcèment les amateurs de gros boom bap. Histoire de garder la même énergie, Tony Patagonia structure ce second album de la même façon, pas de Prone cette fois-ci mais le très prolifique 5th Element du label floridien Mic Theory Records qui avait fortement fait saigner les manettes en 2014 via Hex One du groupe Epidemic. Un atout de qualité donc qui vient forcèment renforcer la curiosité à l’arrivé de ce deuxième opus.


A l’image du thème de l’album, l’ambiance se veut très vite mafioso façon parrain et dès l’intro qu’est Scale Clockin, on rentre dans le délire hustler entre un delivery complet de Tony qui nous rappelle que l’argent ne tombe pas du ciel même pour un hustler, l’argent arrivant, la réputation se faisant le tout agrémenté d’une instru sicilienne bien froide. La trame work hard semble être le leitmotiv de Tony Patagonia, ce sérieux dans les affaires on le ressent aussi dans Daily Work et son beat plus low tempo et aérien. On revient ensuite à des musicalités moins froides dès Grind Not Passtime sur une boucle beaucoup plus légère et qui fait habituellement le bonheur des habitués de 5th Element. Du côté de Patagonia par contre ça reste sérieux, un cours de concentration sur son objectif faire de l’argent salement donc Grind No Passtime, heureusement que l’homme garde de temps en temps une note d’humour à travers les 3 skips de l’album le mettant en situation désagréable avec l’un de ses clients : Lester. Etre un mc et hustler n’est pas incompatible si les ventes de vos albums vous assurent un pactole et la réputation qui va avec. L’amour du Hip-Hop et les bénéfices qui peuvent en découler reste tout de même une grande part de son Art Of Hustle, ce que l’on retrouve sur le très traditionnel et street Spittin’Real (alors que l’instru n’a rien de très hood) et sur Control (5th Element pépère qui nous fait du Chronic 2000). Retour aux affaires façon Ndrangheta dans les sonorités, flow posé qui contrebalance le sérieux des lyrics, rien de très neuf par rapport au début de l’album mais une continuité logique. Tony se fait une petite pose native tongue sur Eradication Infierna histoire d’ambiancer les cartels chicanos, on remarquera qu’en terme d’art of the hustle, se faire refiler un beat déjà usé par Hex-One sur son dernier LP Hologramz, ça manque un peu de sérieux (à moins qu’au moment où cette chronique est écrite 5th Element ait perdu l’usage d’une de ses deux mains). Etre hustler c’est aussi représenté son aera, sa putain de city, et Chicago méritait bien un hommage d’un de ses Hustler, chose faite avec 606sixty (zipcode de la ville) le tout autour d’un bon verre de whisky pour une ville qui doit sa prospérité en grande partie à la communauté irlandaise sur un beat bien ambiancé de 5th Element qui rend le tout plus asiatique (nah mean ?). L’album se clôture façon Delinquent Habits avec une instru qui emprunte la trompette du folklore mexicain, une bonne clôture d’album qui fait garder la pêche et donne envie de couper le 10 kilos de coke pure dans la grange en famille avec des fresco menu de chez Taco Bell.


Art Of The Hustle est un album solide qui n’a pas à jalouser son prédécesseur, il est sûr que l’on reste dans du rap underground traditionnel sans aucune prise de risque mais la touche musicale de 5th Element couplée au sérieux dans les affaires de Tony Patagonia font de cet album un bon moment de rap. Sans prétention aucune Art Of The Hustle doit  se voir comme une alternative bien ficelée aux grosses sorties actuelles que sont les Bada$$ et Lamar

Tony Patagonia – Art Of The Hustle (2015)
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