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Bunch Of Shit #9

Un Bunch o Shit unrealesed par oubli sur 2014…

 

Votre caractère hivernal s’oriente plus vers des sonorités jazz/soul low tempo plus que vers le traditionnel g-funk de la westcoast et vous cherchez la galette qui vous fera passer du bon temps au coin de la cheminée pour les plus chanceux ou sur l’asphalte bien froide des grandes villes. Périlleux mais pas impossible, on aurait pu vous orienter directement sur le O.C. café du duo O.C. et Ray West, la valeur sure de l’année, mais un peu de nouveautés ne faisant pas de mal, autant présenter le projet du beatmaker Es-K (Essential knowledge). Es-K roule déjà depuis un petit moment via sa série des Spontaneous Grooves ainsi que quelques apparitions à la prod pour des artistes unda. Serenity est son premier effort sur lequel il s’offre pas mal de noms plus que sympathiques pour venir titiller du mic.

L’idée de cet album nait à la mort d’un ami proche, une sorte d’album hommage qui aurait pu tomber facilement dans des sonorités tristes à base de boucles de pianos et de violons mais qui nous prend à contrepieds grâce à des productions légères et orientées soul/jazz. Pas d’apitoiement musical dans cet album mais une envie de rendre hommage dans une ambiance cool et posée. Un album plaisant qui voit se succéder des noms connus et des moins connus. Dans les grands moments, on retiendra le titre éponyme qui réunit A.G. du D.I.T.C. et General Steele du B.C.C., enlevez-vous direct de la tête un quelconque street banger sur ce morceau, plus peace of mind c’est dur à trouver. C-Rayz Walz est aussi de la partie sur Rest In Peace, là aussi sur des sonorités antistress, K. Sparks, habitué de ce type de sonorité, vient poser son flow sur All I See, très bonne combinaison. L’ensemble est homogène et ce Serenity s’écoute sans ennui et sans effort.

Es-K suit le changement ouvert par Ray West depuis quelques années, moins complexe et surtout plus abordable. Avec Serenity en main, vous avez de quoi siroter du vin chaud dans une ambiance musicale relaxe et sans prise de tête. L‘album est depuis sold out.

 

Pour ceux pour qui vacances riment quand même avec street beats même sur une piste de ski, on pourra vous orientez sur le premier de Kid Vishis. Ce nom vous dit peut être rien mais celui de son grand frère devrait directement poser les bases : Royce Da 5’9. Le Kid part donc avec un lourd handicap vu le gabarit du frérot, il est moins compliqué d’être le bro de mecs comme Bekay, Awer ou dernièrement le vétéran Donnie Darko au moins on sait qu’on ne pourra pas descendre plus bas. Donc grosse pression pour Kid Vishis qui sait pertinemment que l’objectivité sur son cas ne sera pas au rendez-vous. Surtout que l’album se nomme Timing Is Everything, on s’attend à une leçon de maîtrise de flow sur divers bpm.

11 titres qui font plus figure d’une démonstration de force que d’un album homogène. Ici le Kid cherche d’abord à démontrer qu’il ne doit rien à son frère et qu’une fois le microphone enclenché son flow fait la différence. Un album plutôt personnel qui sent l’envie d’en découdre quitte parfois à en faire trop. Si la plume reste plutôt basique, on sera plutôt heureux que la notion de flow soit bien exploitée, une maitrise d’accélération et une capacité à varier son flow selon les divers bpm proposées font la vraie réussite de ce premier exercice. Porté en majorité par le beatmaker Chase Moore, ne vous attendez pas à retrouver une énième copie du style Dilla, ici on s’émancipe de Detroit pour offrir un album plutôt efficace. Seule trace du style Motor Town, la prèsence de Mr Porter plutôt en forme sur Messages To The Mc’s.

Kid Vishis est un mc à suivre et il ne doit rien à son frère mais bien à lui-même, habitué des open mics et des sessions freestyle, le mc nous offre un premier aperçu prometteur avec ce Timing Is Everything. S’il n’y a plus de doute à se faire sur sa maîtrise du flow, il faudra tout de même nous offrir un second effort plus structuré pour qu’il puisse se faire une place dans la longueur.

 

Une fois les bretzels et le vin chaud ingurgité, il est temps de découper la dinde fermière de 4.5kg histoire de rendre ça festif. Afin de vous donner la motivation nécessaire, faites donc péter les basses sur Same Game New Rules le dernier album du beatmaker Domingo. Pour rappel Domingo fait partie de ses old-timers toujours en activité et qui a eu la chance d’avoir comme mentor Marly Marl et produire pour les plus grands de Big Pun dont il est l’un des artisans du succès de Capital Punishment en passant par les légendaire Rakim, Big Daddy Kane et KRS-One. Un producteur capable de vous péter la nuque mais aussi un producteur qui a traversé une grosse période de vide en lâchant des beats plus mauvais les uns que les autres.

 

On le pensait donc fini mais avec son septième album Same Game New Rules entièrement financé par Crowd funding, il nous prend à contrepied et offre à ses habitués ce qu’il sait faire de mieux des boucles courtes et efficaces. A renfort de mcs de gros calibre, le beatmaker démontre  qu’Internet a changé les règles mais que le jeu, lui, reste le même. Si le casting 4 étoiles de l’album pèse sur la qualité de la galette, la réussite repose en majorité sur un Domingo inspiré.

Laissez de côté les DJ Premier et autres Diamond D car cette année le baroudeur des manettes qu’il fallait avoir dans le viseur était Domingo. Un album qui tombe à pic pour cet old-timers devenu pendant un temps un beatmaker de série B.

 

Peut-on encore concilier productivité de masse et qualité, en d’autre terme peut-on cravacher comme un ouvrier chinois sous qualifié et rendre un travail labélisé dutch qualitat dans le rap US de nos jours. La réponse est clairement non mais il faut bien des exceptions à la règle et à ce titre Hex One a complétement pété le score sur l’année 2014. Avec 3 LPs sortis en l’espace d’un an la moitié du duo Epidemic a cravaché sévère pour un résultat plutôt surprenant. Dernier des 3 albums, Hologramz à la particularité d’avoir été peaufiné en collaboration avec un des producteurs montants du moment : 5th Element. Si le nom ne vous évoque rien, vous devriez le retrouver puisqu’il vient de produire entièrement le Art Of The Hustle de Tony Patagonia.

On se retrouve donc avec un duo plutôt bien chiadé, la ligne directrice de cet EP est des plus simples : cassez des vertèbres sur de grosses boucles. Ne cherchez rien de technique, vous vouliez absolument du boom bap bien patate, vous voilà servi. Et même à mille bornes de la grosse pomme, cet album n’a rien du soleil de Floride, on reste très traditionnel et ce, même si 5th Element s’amuse à lâcher les boucles les plus musicales possibles. Certains trouveront son travail assez simple mais il atteint son but, il suffit ensuite à Hex One de respecter le travail en délivrant un flow rugueux et combattif. On notera aussi qu’Hex One ne fait pas les choses à moitié en faisant participer sur son album de gros noms : Ruste Juxx, Planet Asia, Blacastan, Pete Flux, Prince Po, Reef The Lost Cauze ou encore Reks.

Peu visible avant 2014, Hex One a mis les petits plats dans les gros, la méthode peut paraître bourrine mais le résultat est bel et bien là : en 3 LP sortis en 2014, Hex One et son label Mic Theory Records ont réussi à s’assurer une visibilité assez sérieuse pour créer une véritable attention. A voir la suite sur 2015.

Bunch Of Shit #9
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