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Gueule D’Ange – Interview (2015)

Sorti le 17 novembre dernier, Classico Micro est le second album de Gueule D’Ange ou GDA, album à l’image du mc simple et direct dans un style de musique qu’il l’a fomenté années après années. Légateur et témoin d’un rap français sans concession et ancré dans les 90’s, Gueule D’Ange fait surement figure de vieux con mais dès qu’il prend le micro c’est unvrai master of ceremonies que l’on retrouve. Classico Micro se place sans surprise comme une continuité logique de son premier opus Sale Temps pour 1 Indé réalisé avec l’aide du talentueux DJ Brans que l’on retrouve aussi sur l’album. Retour sur son parcours

 

T’as passé une bonne partie de ta vie dans le nord de Paris, comment s’est faite ta rencontre avec le rap ?

J’ai débarqué en 1998 à Saint-Denis, issu d’une famille modeste de la région toulousaine, dans le but de rapper car j’étais de province avec comme seul diplôme en poche un bac.

De là, je rencontre la galère urbaine, la vraie vie : les grecs à 5 francs. Mes 1eres apparitions  furent dans les brèves du 93 en 2000 ou des mc’s comme Flynt ou 2spee Gonzales exerçaient déjà !

J’ai longtemps aidé dans le street marketing « collage d’affiches » avec Serge.

Puis après un long moment je reviens en 2004 avec un EP « le rêve français » qui m’a permis de rencontrer Malik, Haroun et Daddy Lord C.

En parallèle, je rencontre DJ Brans à qui j’avais envoyé cet EP, la sauce prend direct et de là née une cohésion toujours d’actualité.

 

Avant de commencer à sortir des titres, tu vas être le backeur de Haroun et de Daddy Lord C, comment s’est fait la connexion ?

J’ai rencontré Haroun par le biais de Malik Zuitdi qui était proche de lui ! Moi n’étant pas du 18ème, Malik Zuitdi m’a pris sous son aile et m’a fait rencontrer des « tètes » et notamment Haroun.

De là et pour la sortie de l’album Au Front de Haroun nous sommes devenus ses backeurs avec en plus Nasme !

Pour Daddy Lord C, je dois ça à mon cousin Brabra qui fréquentait le cousin de Daddy Lord C à Pigalle ! Puis un jour par la force des choses Daddy se retrouva sur mon EP « le rêve français »  et quelques mois après je fus solliciter pour devenir son backeur avec 3 autres mc’s.

J’ai beaucoup tourné avec les deux entre 2005 et 2007.

 


 

On sent dans ta façon d’être au mic le mc de scène. Est-ce que tu dirais que tu prends plus de plaisir sur scène qu’en studio ?

J’ai pour le moment plus de feeling en studio mais une envie de scène qui me ronge !!!!!!

Le tout étant de trouver un tourneur. Pour l’instant, je saisis les opportunités et en attendant je bosse avec mon DJ Brans le live !!!

 

Comme beaucoup, tu as choisi le chemin tortueux de l’indépendance, d’ailleurs c’est une notion qui revient constamment dans tes albums, alors au final l’indépendance c’est un vrai plaisir ou un vrai nid à emmerde ?

C’est une logique lorsque l’on a tout essayé tout en restant fidèle à son idée de départ. Maintenant le constat est qu’à travers les années aucuns producteurs n’est venu taper à ma porte donc j’ai dû enfiler assez tôt ma casquette de producteur pour faire vivre ma musique.

Je ne vais pas faire un cours sur comment sortir un disque… Mais c’est une galère effectivement… Ou la passion ne suffit pas !

 

En 2013 sort ton premier album sale temps pour un indé, plus qu’un projet, c’est la concrétisation de plusieurs années à kicker les productions de DJ Brans, tu peux nous parler de la relation qui vous lie tous les deux ?

Oui ça commence par des lost sessions au studio de la seine ou DJ Brans était ingénieur du son. De là est née le recueil de 80 maquettes puis l’ossature de « Sale Temps Pour Un Indé » !

Il se passe 7 ans jusqu’à ce que l’on se dise qu’il est temps de sortir un album car c’est le bon moment ! Je sens le projet je valide le truc, on finalise et de là est née « sale temps pour un indé »

 

Un an après quel regard tu portes sur ce premier album ?

Après l’avoir « accoucher » je suis pris d’un élan plus que positif pour continuer à écrire et balancer des rimes au micro. Je sens que les générations d’auditeurs ont besoin de savoir d’où ils viennent et surtout d’où vient cette musique !


 

Tu reviens donc avec un nouvel album Classico Micro, qu’est-ce qui t’a poussé à reprendre les chemins des studios juste un an après ton premier opus ?

La passion qui m’obsède dans ma vie de tous les jours. La conscience d’avoir un message positif pour ceux qui consomment notre musique. L’envie de porter le drapeau de cette culture hip hop qui est si riche et dont nous ne sommes pas les précurseurs.

 

La première chose qui frappe sur Classico Micro c’est cette volonté de continuer dans le même type d’ambiance : un son boom bap année 90, tu ne te reconnais pas dans les tendances actuelles du rap ?

« J’ai fait mon choix, je ne suis pas devenu une branche, mais je suis resté dans le tronc »

 

L’ambiance générale de Classico Micro c’est le pragmatisme, les deux pieds dans la réalité du quotidien et dans l’ensemble la météo annonce grisaille et averses. Est-ce que pour toi le rôle de mc c’est avant tout se positionner comme avertisseur ?

Être un compteur est avant tout, je pense savoir raconter aux gens un fait. Ayant pris position, avec un recul, un regard, qui fait que la réalité est réellement ce quelle est donc à nous de trouver les solutions. C’est exactement ce que je suis, pragmatique : je te pince tu as mal ! Chacun le prend comme il le veut, car chacun le comprends comme il le peut !

 

On retrouve bien sûr à la production DJ Brans sur plusieurs pistes, la symbiose est toujours là Sera Mejor est vraiment fort, est-ce qu’on peut dire que c’est une de vos meilleures combinaisons ?

Oui c’est mon binôme nous sommes plus que deux entités artistiques ! C’est mon pote et en plus il est fort !!!!!

 


Dj Brans n’assure pas toutes les productions ce qui t’as permis de travailler avec d’autres beatmakers comme Mani Deïz, Metronom (Kids Of Crackling), I.N.C.H. ; DJ Stresh, Toki (Huperkut/Breakflow Music) et Beufa Rankeur. Qu’est-ce que tu retiens de ces collaborations ?

L’éclecticisme  dans la vie comme dans la musique !

 

Ce deuxième opus, c’est aussi l’occasion de te découvrir à la production sur deux pistes, comment en es-tu venu à passer à la production et sur quelles machines tu travailles ?

Je produis depuis 2004 depuis mon premier EP « le reve français » sur une MPC 2000. Machine que j’ai vendue depuis. Puis gros break jusqu’en 2013 ou je me suis équiper d’une Mashine Mikro avec laquelle j’ai fait 2 prods mais depuis je l’ai vendue et tâtonne pour ceci et cela !!

 

Comme pour ton premier album, le scratch est à l’honneur sur tes morceaux, pourquoi cette volonté ?

Demandez à Cool Herc ! Moi je n’ai qu’une famille : le Hip-Hop !

 

Dans l’univers de Gueule d’Ange, on est très loin du rap bling bling, c’est plutôt le rap de fauché. Dans Mossberg, tu es à la limite de péter un plomb façon Michael Douglas dans Falling Down et dans Faut que cela cesse, tu regardes inquiet cette jeunesses, dirais-tu que l’époque actuelle est plus hardcore qu’il y a 15 ans ?

Oui le mossberg !!!!!! Une façon humoristique de dire qu’en cas extrême il reste toujours une solution extrême ! Plus hardcore ?? Non pas plus qu’à l’époque mais ma vision des choses l’est ! En plus je suis daron de trois enfants dont un de 14 ans, j’suis en plein d’dans !!!

 


« J’emmerde le FN », dans la confusion des genres qui se jouent actuellement dans les médias, ça surprend que des mcs le disent alors qu’il y a 20 ans c’était aussi courant que de se saluer. Tu ne trouves pas ça flippant qu’aujourd’hui dans le rap, on soit presque à dire que le Fn c’est pas pire que les autres ?

C’est une époque où l’on se réfugie individuellement et de façon hypocrite vers les extrêmes !

L’art nous sert à nous exprimer nous artistes en tous genres, mes origines, mon lieu de résidence et mon environnement m’empêchent d’adhérer à ceux qui diabolisent l’immigration ! « fuck fn »

 

Parmi tes productions, y a Rendez-le, un clin d’œil clair au fameux Pendez-les, bandez-les, descendez-les des X-men. On retrouve en plus Hifi, lui aussi issu de l’époque de Timebomb. Le résultat est vraiment très haut, peux-tu nous expliquer comment le tout s’est construit pour en arriver à cette finalité ?

J’ai rencontré Hifi quelques fois avec Nasme mais plus particulièrement sur le tournage du clip « j’rap ma vie de zermi », là nous nous somme dits qu’un jour nous ferions un titre ensemble. Le morceau était déjà né, pour le thème c’est un clin d’œil au bon boom bap des années 90 dont je suis le fruit !

 

Cette chanson c’est aussi une attaque en règle contre les grosses majors, quel regard portes-tu sur l’industrie du rap ?

Produit, rentabilité, retours sur investissements, flash strass etc… du marketing pour faire du beef !!!! Quand tu es professionnel dans cette musique dur de faire ce que t’aime car il faut en vivre !!! Pour moi c’est ça l’industrie du rap !

 

Dans le titre éponyme, il y a une citation d’Olivier Cachin sur le rap indépendant et son renfermement, pourquoi avoir choisi cet extrait ?

Oui cela  caractérise complètement le milieu dans lequel j’évolue, je pense que ce journaliste a beaucoup de recul sur le hip-hop que l’on vit aujourd’hui ! C’est un gros big up à son parcours professionnel.

 

Dans les combinaisons de cet album, il y a celle avec Sear Lui-Même sur « Pour Ceux qui Soutiennent ». Il y a une vraie complémentarité dans vos styles, vous aviez déjà collaboré ensemble ?

Non jamais mais le faire a été pour moi un grand plaisir ! Big up Sear !

 

Tu sors ton album sur ton propre label PROD DURE, qu’est-ce qui t’as poussé à monter ta propre structure ?

Seulement des facilitées administratives. En gros cela n’a rien changé à ma façon de faire, mais ça a augmenté mon temps de réalisation, donc plus de liberté !

 

J’ai demandé à DJ Brans s’il avait une question pour toi et la voici : A quand Sale Temps pour un Indé 2 ?

Sérieux ?  Nous sommes tellement souvent ensembles que c’est surement en train de se réaliser, alors bientôt dans vos oreilles le « sale temps pour un indé 2 »

 

Une dernière parole pour pousser les gens à écouter ton nouvel album ?

Le meilleur album hip hop de l’année ! Mais c’est quoi le hip-hop ?*

 

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Gueule D’Ange – Interview (2015)
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