Skip to content

ONYX – Wakedafucup (2014)

Que fait-on quand on voit son art s’écraser comme une grosse merde dans les méandres du pop system ? On le laisse se planter et on continue de s’en plaindre sans agir ou alors on se bouge et on secoue cette merde pour retrouver un semblant de pouls ? Pour certains old timers, il semble que la première solution soit la plus aisée voir même au-dessus en approuvant le cirque actuel. Pour d’autres, il est temps d’agir et de ramener tout ça sur le caniveau, là où ça pue de vrai. ONYX, 4 lettres brutes et tranchantes que beaucoup craignent aujourd’hui comme hier. Deux exécuteurs nommés Fredo Starr et Sticky Fingaz qui ont traversé à peu près toutes les époques et les courants du rap et qui aujourd’hui reprennent les armes avec leur 6ème album Wakedafucup. Un titre qui sent la punition mais surtout qui se veut aussi efficace qu’un coup de latte dans cette fourmilière mourante.

Après avoir tenu la barque pour les MOP sur Sparta, c’est donc les Snowgoons, duo allemand, qui vient prêter main forte aux manettes pour mener l’expédition punitive des ONYX à son but. Rien de choquant dans cette collaboration car les Snowgoons restent surement les meilleurs héritiers du style ONYX. Enchainant les hauts et les bas, les Snowgoons commencent enfin à trouver un rythme de baffes musicales normales, enchainant ainsi deux très belles copies que sont le Sparta de MOP et la suite de leur projet Black Snow sorti fin d’année 2013 et qui n’a rien à jalouser au premier du nom.


Wakedafucup, le message est aussi sec et violent qu’un hook des ONYX, on ne pleure pas, on vous baise en musique et pour les jeunes auditeurs en fleur, il faudrait mieux passer son chemin histoire d’éviter des menstruations auditives. Pas besoin de crever le rap, on lui pisse directement à la gueule comme le dit Fredo Starr. Une idée récurrente sur l’ensemble de l’album qui nous fait vite comprendre que le duo est toujours aussi en forme et en verbe dix ans après leur dernier skeud sous l’appellation ONYX. On est constamment dans l’extravagance barbare avec les deux fossoyeurs, un style usé certes des dizaines de fois mais qui sincèrement réveille les plus sceptiques. Je te baise, je te flingue, je te crève, toute la richesse du lexique criminel au service de l’énergie d’ONYX, on jubile, au fond, et la pauvreté de certains hooks est très vite occultée par lSea violence des mots utilisés. A ce titre, mention « salade de phalanges » pour les titres suivants : Buc Bac ($2 l’assassinat peu cher), We Don’t Fukin Care avec en guest A$ap Ferg, pas si mauvais même si on se demande ce qu’il fout là, et l’homme Bucheron Sean Price aka Jim Abbot, Whut Whut (piano sur style bétonné) et le titre éponyme (on vous baise toujours et encore). A noter le street banger The Tunnel avec Papoose et Cormega, gros moment de flows meurtriers dans la tradition new-yorkaise qui dénote du reste de l’album


ONYX est donc bien dans la place et leur style semble n’avoir pris aucune ride, cette détermination à vouloir baiser le rap actuel renforce cette idée, il ne reste donc plus qu’à la production allemande de rendre cette merde à la hauteur. Si les Snowgoons avaient largement contribué au succès musical qu’était le Sparta des MOP, on aura du mal à leur rendre la pareille sur ce skeud. Trop timide ou trop redondant, les Snowgoons manquent un peu de couilles sur ce skeud. Rien de vraiment mauvais mais l’absence d’un ou deux tracks qui part dans tous les sens.  Des fois trop prévisibles comme sur One 4 Da Team ou Dirty Cops, le style Snowgoons s’enfonce dans une certaine banalité par moment, dommage car il y avait l’alchimie et les bases communes. Mais ne restons pas sur une note négative qui démontrerai une certaine pitié musicale là où il n’y en a pas, car sur la globalité l’album tient plus que la route et crée une certaine dépendance couplée à une frustration qui semble être intelligemment recherché.


Wakedafucup avait pour but de nous réveiller et c’est chose faite. Maintenant, que nous sommes à l’écoute, il ne manque plus qu’un nouvel album pour que la révolte batte son plein. Que ce soit avec les Snowgoons ou une autre équipe, les ONYX ont du terrain à conquérir et si la manière est aussi violente que sur cet album alors on les suivra comme des soldats.

ONYX – Wakedafucup (2014)
5 vote(s)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Les balises HTML ne sont pas autorisés.