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Macabeats and Cool FD – Pardon My French (2014)

6 ans que Marlo Stanfield s’est retiré de la rue pour embrasser une carrière de businessman du côté « légal » de la forme. Sa retraite anticipée n’a pas pourtant éradiqué les problèmes de drogues et de criminalités de la ville. Les successeurs au trône de ce dope game n’ont pas attendu pour reprendre le flambeau et le taux de criminalité n’a pas évolué à la baisse depuis (234 crimes en 2008 contre 235 crimes en 2013 selon les chiffres officiels), on meurt plus que l’on vit dans cette ville. A l’heure actuelle, la ville de Baltimore est considérée comme la capitale de l’héroïne aux Etats-Unis avec plus d’un habitant sur 10 addicts à cette drogue amenant en moyenne plus de 304 overdoses fatales à l’héroïne par an (source : Gouvernment agencies). Avec un gramme de coke estimé entre $100 et $120, les parts de marché font forcèment saliver les plus ambitieux de The Pit à Hamsterdam. Les politiques d’éradications n’ont donc rien pu faire pour atténuer la violence quotidienne de cette ville et même les décors esthétiques utilisés pour la série Hannibal ne peuvent effacer l’obscurité de la ville. Prises à la gorge, les autorités doivent maintenant composer avec une forme de criminalité en forte hausse : le rap.

Là où la problématique se complexifie pour la ville c’est que l’organisation rap de la ville a pris un nouvel essor via une connexion internationale et plus précisément avec la France. Une nouvelle French Connexion très bien organisée et dont les autorités de la ville n’ont pas l’envergure de pouvoir stopper à la source, surtout que cette source est multiple. Débuté en 2011 via le cartel EFFISCIENZ et son chimiste DJ Brans qui avait inondé les Project du West Baltimore via la rap dealing organisation des Dirt Platoon contrôlée par les deux frères Raf Almighty et Snook Da Crook. Leurs emprises sur les rues ayant atteint un tel niveau que les refourgueurs décidaient de diversifier leur came via le Blanc Mesnil et le Cartel Shinigamie Records détenu par Kyo Itachi et déjà connu pour ses deals avec d’autres villes US. Afin d’éviter la mainmise de l’ensemble de la ville par les Dirt Platoon et voyant la qualité de production de la filière française, certaines têtes émergentes décidèrent de contourner ce nouveau deal de distribution en passant par un dealer de son indépendant Cool FD. Basé sur Orléans, Cool FD avait tissé dès 2013 une connexion avec 3 têtes montantes qui avaient compris l’intérêt de s’unir face à l’organisation des Dirt Platoon. En s’appuyant sur la came de Cool FD, Don Streat, S.O.N. et Lord Baltimore DDS avaient pu maintenir leur corner via de la « Bmore2France », une héroïne coupée aux barbituriques. Par la suite, Don Streat réussit à prendre l’ascendant via les pills de « Bare My Soul ». Cette nouvelle French connexion fit vite le tour de l’ensemble des corners et Project de la ville et comme la rue a plus d’un enfant dans son sac, certains voyaient dans ce déploiement l’opportunité de briller.

Natif de Staten Island, New-York, et ayant fait ses premiers deals avec Styles P ou encore Doitall, Macabeats est arrivé dans le Maryland à l’adolescence. Sa connaissance des deux villes en fait un prétendant solide pour venir bousculer la hiérarchie instaurée dans la rue. En lâchant sa came « Pardon My French » via Cool FD, Macabeats ne risque pas de calmer l’effervescence Baltimorienne.

Cette nouvelle came est assez addictive et se compose de 14 substances à la coupe. Une drogue assez dangereuse donc pour faire passer le lévamisole, la phénacétine et la lidocaïne pour du talc. 14 substances brutes rendant un effet soul boom bap que Cool FD a cuisiné à base de Fruity Loop et des kits de drum bien lourd. Dans la continuité de ces productions, le français applique une qualité indéniable sur le dosage de ses snare rendant les effets de cette drogue addictive. Des substances comme le Life n Dreamz, le Pardon My french ou la The Come Up amènent l’adrénaline nécessaire au trip pendant que la Shalom Brother, antalgique, apaise le palpitant pour mieux permettre à The 6th Sense ou I Declare War de stimuler le système immunitaire. La touche du producteur est donc sure et le consommateur averti reconnait forcèment le lien entre cette dope et le « Bare My Soul » et le « Bmore2France ».

En dealer exclusif de cette came, Macabeats déploie donc toutes ses skillz pour faire venir le consommateur vers sa came. Sa structure de distribution vocale reste assez singulière mais sans faute, une vitalité qui rend bien au côté banger des doses distribuées. La partie commerciale se veut sans rémission et clairement orientée street (Pardon My French, Killin Emcees, I Declare War), quelques bars gratuites histoire de rendre accro et logiquement l’usager reviendra faire la queue pour avoir sa dose. Un discours violent qui correspond donc bien à la réalité des rues de Baltimore et tout story tellin le plus improbable qu’il soit devient très vite réaliste dans cet environnement hostile. Histoire de s’attribuer un fonds de commerce régulier et ne pas attiser la haine de la concurrence, Macabeats s’est aussi assuré du soutien de la concurrence pour cette livraison réunissant aussi bien Dirt Platoon, Don Streat, S.O.N. et Lord Baltimore DDS. L’homme voyant plus loin que sa ville, il n’a pas hésité à faire goûter son produit à des lieutenants de NYC : Mitch L Hennessy (Bronx), Dready Kruger (Queens), Mic Handz (Brooklyn) et d’autres (Cerebral, SlumPritt, Jigsaw, Ahhabyam, James Bush, Mayhem, Senica Da Misfit, Unreal, Ill Conscious, Cayoz Da Beast).

Si Baltimore est une putain d’épicerie d’héroïne à ciel ouvert, elle en reste pas moins une forteresse opaque où chaque nouvel arrivant doit être capable de lâcher une dope assez structurée et addictive pour se faire un nom. Rien n’étant figé et les statistiques de criminalités étant là pour le rappeler, la guerre du contrôle des rues est une tâche de tous les instants. L’arrivée de Macabeats dans l’échiquier ne lui assure pas une réussite à long terme malgré que la came auditive de Cool FD fasse la différence. Il faudra donc fructifier cet effort et apprendre à varier ses canaux distribution tout en regardant derrière lui les agissements des barons en place et des newcomers que l’histoire de la ville a su rendre transparents à la pitié.

 

Macabeats and Cool FD – Pardon My French (2014)
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2 comments on “Macabeats and Cool FD – Pardon My French (2014)

  1. Bien la chro, tu as attisé ma curiosité et puis grâce à toi je prête toujours attention à ce que lache Cool FD, j’ai beaucoup apprécié le Bare My Soul celui là devrait aussi me plaire.

  2. Le mec est généreux comme d’hab. Le projet est plus structuré et la vibe dans le même délire que bare my soul

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