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The Absouljah – Dim The Light (2014)

Commencer l’année avec du gros son bien sale est une aubaine pour l’année 2014. Derrière la pochette sombre de Dim The Light qui annonce direct la couleur musicale se cache une valeur montante : The Absouljah. Newcomer en quelque sorte, The Absouljah est ce que le Queens pouvait nous offrir de mieux en matière de rap, une vraie fraicheur additionnée à l’héritage de ce classic borough du rap.

Welcome back, dans les entrailles putréfiées du rap, The Absouljah nouveau prince de Far Rockaway, vient poser son glaive et réclamer sa place sur le trône. Un mc dans sa forme la plus pure et loin du conformisme puant et flashy que le rap a pris l’habitude de nous livrer. Ici on ne se retrouvera pas à chercher des superlatifs mielleux pour dorer la pilule à de la merde en carton. Remballez vos paillettes de rap plumeau, tirez la chasse d’eau de votre trap musique débilisante et sentez l’obscurité vous envahir.

Dim The Light, en 15 tracks, rend à la nuit son plus bel enfant, celui de la rue, celui des coins les plus dangereux. La ligne musicale sent le bitume où les beatmakers venus épauler The Absouljah rendent un taff digne des ainés du Queens (dans une ambiance assez internationale niveau beatmakin). Une cohérente noirceur du début et à la fin, qui relance la force du maraudage urbain nocturne. Fatalité quand tu nous tiens !


L’album s’ouvre sur Fork in the Road avec une prod de JFX Productions, un beat mélancolique qui donne directement le ton de l’opus, on découvre The Absouljah sur un flow limpide et un ton de voix adapté au décor (croquemitaine shit). Une formule qui prend toute sa valeur quand la météo offre tout ce qu’elle a de plus crade (pluie, froid et autre merde hivernale). World Don’t Love, vraie claque, Shaolin Beatmaker donne la dose à la thématique pendant que The Absouljah, Streets Goon et Halfabrick finissent le travail en nous emportant au fond du trou. Magique comme une dépression, il ne faudra pas espérer un antidépresseur de la part de DJ Simsima pour rendre un peu d’espoir sur In Motion. The big Ab est dans son élément et rend à l’auditeur cette dose de merdes bien méritée. Nighttime Dwelling, nocturnal bienvenue, Dj Low Cut fournit la matière, une réalisation plus minimaliste qu’à son habitude qui en fait un morceau phare du skeud avec The Real Type des Soulslicers. No Plans de NoyZ se veut plus festif ou tout du moins plus rythmé, The Absouljah accélère sans difficulté pour retourner plus vite dans les bas-fonds de Stand Strong (Machine Gun Funk aux manettes). On cherche des défauts, un morceau Pink Floyd qui dénature le truc, de quoi mettre un kick sur cet opus et on ne trouve rien sur quoi chipoter, Grand Goon, The Marriage, In My Element (ce petit pitch vocal) et Next Life s’enchainent avec la même réussite. Sans piano pas d’appel au suicide, le quota est atteint avec No Serenity de Keko Beats avant que The Absouljah nous lâche froidement sur l’enchainement How It Is et Get Well Soon.


L’année 2014 ne fait que commencer que Dim The Light remplit déjà l’objectif de nous faire oublier une année 2013 vraiment terne. Tout est noir et sale dans cet album, et la seule esquisse de lumière que l’on y trouve se nomme The Absouljah. Les anciens du Queens peuvent se reposer et penser qu’il existe dans The Absouljah la lueur d’espoir prête à perpétuer l’hommage à la noirceur de leur rue.

 

The Absouljah – Dim The Light (2014)
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