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Blaq Poet – Tha Blaqprint (2009)

Il existe dans le hip-hop une catégorie d’irréductible préférant rester dans les ruelles sombres et puantes de la grosse pomme plutôt que de tomber dans le rayonnement des grandes avenues et de sa foule en continue. Si une tête d’affiche de ce groupuscule devrait être citée alors le nom de Blaq Poet sortirait naturellement. Loin d’être un newbie, Blaq Po’ a fait son petit bonhomme de chemin depuis le milieu des 80′s avec des valeurs de bases : un rap unda et sans concession et un phrasé réaliste loin de la surenchère d’hémoglobine de certains gangsta rapper mais aussi loin de la complexité lyricale des grands.

Après deux albums avec son groupe ScrewballPrimo tapait déjà l’incruste sur des titres comme l’énorme « Fuck All You Bitch Ass Niggas » sur le très bon « Y2K The Album », Blaq Po’ se lança dans une aventure solo avec son « Rewind : Déjà Screw » où encore une fois DJ Premier squattait la prod. Malgré un bon niveau général, l’album s’essoufflait avec le temps laissant un sentiment de frustration pour les fans du mc.

Nous revoici en 2009 et le Blaqprint assuré à 90% par DJ Premier à la production est disponible chez tout les bons disquaires. L’album ayant eu un bon buzz même si minime par rapport à d’autre blondinet, on est en droit de se demander si cet album remplit toute cette attente.

Une chronique n’étant pas un thriller, la réponse est un grand « Oh Yeah !!! ». Blaq Po’ avec ses plus de 20 ans de présence garde la même rage qu’à ses débuts, on pourra toujours débattre sur la simplicité de ses lyrics en attendant le message passe sans vaseline et on ne mettra pas longtemps à crier « QB mother fucker !!! ». Les sujets restent les mêmes : Queens Bridge, le hood, la criminalité, etc. et même si la redondance du discours est ressentie, à aucun moment elle n’interfère dans le delivery du natif du Queens et à l’image de l’album, le mc a été et restera 100% street. Mais la dureté peut cacher parfois une sensibilité comme sur « Never Goodbye », un hommage à KL décédé en 2008.

Bon ne soyons pas hypocrite, malgré toutes les qualités du mc et son parcours qui ne peut inspirer que le respect, sa tête n’était pas sur la sellette car c’est la production de l’album qui était attendu et plus particulièrement DJ Premier. Alors l’alchimie déjà reconnue entre les deux larrons était-elle toujours d’actualité. Encore une fois, oui, Primo nous livre un travail d’orfèvre permettant à Blaq Po’ de libérer toute sa rage. La production est ouvertement accès sur le modèle underground (sans concession) du golden age et pour cela il suffit de s’écouter « Rap Addiction », « Hate », « Legendary Pt. 1″, « Ain’t Nuttin Changed » ou l’énorme « I-Gittin ». On sent tout de suite le côté Gangstarr de cet album, Primo jongle entre les sons, expérimente, minimalise ou signe ses sons par ses scratch vocales. Du grand art ! De ce fait, il faudrait en avoir dans le caleçon pour venir titiller le maître sur cet album, et pourtant, on ne peut pas dire que le niveau de Easy Mo Bee sur « U Phucc’d Up » et de Gemcrates sur « Sichuwayshunz », soit en dessous au contraire ça rivalise, donc chapeau bas les mecs ! Certains crieront à la supercherie en arguant que le vrai DJ Premier reste le producteur des « Nas is like », « Recognize », « Invincible », et autre « Equality ». On leur répondra en les invitant à aller se replonger dans la disco de Gangstarr pour un petit retour aux sources…

Contrat rempli avec cet album et le constat de ce travail prouve que NY n’est pas morte, qu’il y a des milliers de warriorz prêts à défendre son identité musicale. Malgré tout, un Head General in charge manque pour mener la bataille et même si Blaq Po’ y met toutes ses tripes, il n’a pas la carrure pour mener cette armée.

16,5/20
Blaq Poet – Tha Blaqprint (2009)
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