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Skyzoo – The Salvation (2009)

Célèbre pour sa défaite face au rappeur-freestyleur aisatique Jin lors du show TV contest 106 & Park diffusé par BET, Skyzoo est un pur produit de Brooklyn très vite envoûté par le monde du rap. S’il officie en tant que mc très jeune, c’est pourtant dans les années 2000 qu’il va exploser. Véritable espoir, Skyzoo a pu travailler avec les meilleurs dont J Dilla qu’il considère comme sa première source d’inspiration, son hommage en 2006, Sky’s Last Donut, démontre le lien profond qui unissait les deux amis. Proche des Justus Leage dans un premier temps, Skyzoo enchaine les mixtape afin de se consolider une street credibility, un travail payant puisque en 2006 il sort en collaboration avec 9th Wonder The 3 Day High. Sur des instrus délivrées par un 9th Wonder en pleine forme et alternant entre uptempo, soul et son plus smooth, Skyzoo nous avait livré une prestation solide mettant en avant son débit calme et posé. Le succès ne fut pas au rendez-vous, mais à force d’acharnement, Skyzoo acquis sa reconnaissance grâce à sa mixtape Corner Store Classic considérée comme un véritable bijou. Dans la lignée, son second opus aurait dû apparaître dans les bacs mais il aura fallu plus de deux ans pour se retrouver avec ce Salvation. Pour ce nouvel, Skyzoo s’est entouré d’une ribambelle de producteur dont forcément 9th Wonder mais aussi Just Blaze, Nottz ou encore Cyrus The Great. Le pari est risqué car si Skyzoo peut se vanter d’avoir acquis une certaine notoriété dans la rue, il doit absolument prouver sa valeur sur format CD.

Le titre de ce second opus n’est pas forcément facile à comprendre mais il est clairement en accord avec la ligne directrice de l’album, Salvation signifie le salut avec une notion religieuse c’est-à-dire recevoir, par ses actions, la libération du pêché vers la vie éternelle. Pour Skyzoo, cette notion complexe a surtout pour but de délivrer un album intimiste où il met en avant sa vie et son entourage, rappelant aussi bien ses échecs, ses fautes que ses réussites.

Sur l’ensemble de l’album, Skyzoo s’ouvre sans alambique, nous livre sa définition de l’amour sur Dear Whoever produit admirablement par Just Blaze qui a su composer avec le low rap du mc, nous raconte sa jeunesse sur Under Pressure de 9th wonder et ses voix d’enfants vitaminantes et Maintain de Nottz maîtrisé mais un tant soit peu endormant. Skyzoo n’a pas besoin de support ni de gros noms sur cet album pour prouver ses compétences au mic. Story liner solide, il livre des textes intègres et sans artifices. The Opener, Return Of The Real, Pemmanship, My Interpretation et The Necessary sont les meilleures preuves de son talent.

Mais voilà, Skyzoo a aussi un point faible au niveau du flow. Avec un débit linéaire et très calme, Skyzoo souffre du même problème que des mcs comme Blame One ou Termanology : sur la longueur, on décroche préfèrant se laisser bercer par l’énorme travail de Just Blaze, 9th Wonder et Cyrus The Great plutôt que de se concentrer sur le delivery de Skyzoo. L’album souffre de cette lacune car dans l’ensemble, le travail est bien fait et la ligne directrice respectée.

Au final, Salvation est un beau comte, Skyzoo a fait ses présentations en toute humilité sans se servir de son passé de mc pour ne pas avoir à prouver sa valeur. On peut comprendre que Skyzoo n’est pas de guest sur cet album car le Salut passe par soi-même. Mais le point faible de Skyzoo aurait pu être sublimé par l’apparition d’autres mcs plus vitaminés. On souhaite forcément une bonne continuation à Skyzoo tout en espérant un troisième opus plus entraînant.

12/20
Skyzoo – The Salvation (2009)
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