Skip to content

Jay-Z – The Blueprint 3 (2009)

Presque 8 ans jour pour jour après l’arrivée de son premier volume The Blueprint, Jay-Z nous revient avec The Blueprint 3. Si le premier volume avait reçu un accueil très chaleureux par la presse et le public, sa suite n’avait pas eu les mêmes faveurs et ce n’est pas la version condensée The Blueprint 2.1 qui avait permis d’éviter le naufrage. Forcément avec ce fossé entre les deux, l’arrivée d’un Blueprint 3 ne pouvait laisser que perplexe. Ce sentiment a été très vite renforcé avec l’absence très remarquée de Just Blaze, chef d’orchestre sur les deux premiers, à la production. Seuls rescapés des deux opus précédents Kanye West et Timbaland dont le premier se taille la belle part du lion avec 6 beats et l’invasion de sa team Drake, Kid Cudi, Rihanna et Mr Hudson. Là encore de quoi douter sachant à quel point la personnalité et la vibe musicale actuelle de Kanye réussissent à diviser constamment l’ensemble de la communauté Hip-Hop.

Malgré ces premières réticences, justifiées ou non, on se rappellera que le but premier de la saga Blueprint est de permettre à Jay-Z d’innover et de faire évoluer sa musique sur des courants autres, même si certains chemins peuvent l’amener à s’égarer comme sur The Blueprint 2 : The Gift & The Curse… Au final quoi de plus normal que de retrouver aux manettes Kanye West autoproclamé roi de l’innovation et porte drapeau de la scène avant-gardiste.

Alors ce nouvel épisode est-il dans la même lignée que ses précédents ? Clairement oui, on se retrouve dans la même configuration que précédemment avec juste du synthétiseur dans tout les coins à se demander pourquoi Jean-Michel Jarre n’est pas en guest sur cet album, en même temps les MGMT étaient, au préalable prévus. Une chronique demandant un minimum d’objectivité, je ne vais pas commencer à déblatérer des choses faciles et méchantes à toutes les lignes. Donc en effet, on se retrouve en possession d’un album avec une vibe assez futuriste et des sons uniques. Kanye West continue son travail commencé sur 808s & Heartbreak ce qui risque encore plus de diviser, même Swizz Beatz nous livre un son très euh…, très dégueulasse pas d’autre mot pour définir cet essai, quant à Timbaland, peu de monde saluera son travail. Au final, il faudra compter sur la touche de No Id et son D.O.A. très surprenant pour retrouver une vibe plus proche de Jay-Z.

Si The Blueprint 3 reste un album certifié Jay-Z, ce n’est pas pour autant qu’on le retrouve très à l’aise dans cet exercice. Si son flow reste maîtrisé sur le début de l’album, on le sent clairement perdu sur les délires de Kanye West comme l’atteste sa prestation sur Off That, Already Home ou encore le très soporifique Hate. On pourra critiquer le manque d’innovation au niveau de ses lyrics mais objectivement Jigga tient la barre que ce soit sur Venus vs Mars, Thank You, le très soap What We Talkin’ About ou l’immonde Reminder. On est vite déboussolé par cet album car si Pharrell et Jay-Z nous ressortent du déjà entendu sur So Ambitious (très bien maîtrisé par la moitié des Neptunes), beaucoup de fans de Jay-Z risque de friser la crise cardiaque sur l’ambiance Ibiza proposé par Kanye West.

Ne soyons pas aveugle, car si ce nouvel opus est fortement critiquable ou non, il donne le ton musicalement pour les années à venir. Cette idée devient encore plus crédible avec l’arrivée des feat. nouvelles générations que sont Kid Cudi, Drake ou J. Cole qui semblent tout à fait à l’aise dans cet univers musical. On sort de l’album avec l’image tragique d’un homme qui a vieillit et ne l’accepte pas, la dernière track Young Forever veut faire retarder l’échéance sans convaincre.

En conclusion, l’album n’est vraiment pas facile à noter. D’un côté l’ensemble est solide mais la présence de hook très vilains rompt la symbiose. Jay-Z reste toujours un mc de haute voltige et en même temps on le sent perdu, mis à l’écart et plus du tout à la page. Ce qui est sur c’est que cet album a au moins l’originalité de proposer quelques choses de différents là où d’autres jouent la carte de la redondance mais tout en devenant, au fil des écoutes, très vite ennuyeux.

05/20
Jay-Z – The Blueprint 3 (2009)
0 vote(s)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Les balises HTML ne sont pas autorisés.