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Bunch Of Shit #6

Synopsis : 4 albums pris au hasard et sans réelle ressemblance sauf qu’ils sont sensés sonner Hip-Hop. Des critères pas réfléchis et sans aucunes pertinences, un tournoi quoi… Bref c’est Bunch Of Shit #6 à défaut de mieux !!!

Les protagonistes : Venu tout droit d’Australie, Kid Tsunami part en guerre avec l’ambition de ramener le Hip-Hop à sa source (bref comme tout le monde), armé d’une MPC2000XL le beatmaker veut percer son trou à la force de ses samples orientés sur les 70’s avec un capital reconnaissance très proche de zéro, il va donc devoir charbonner sévère pour prétendre à remporter ce fou tournoi. Un cran au-dessus niveau reconnaissance, DJ Skizz rejoint la famille des producteurs par instinct naturel. Dj de formation, le gars a bourlingué les scènes mondiales avec les plus grands noms, connu aussi pour son émission de radio, le natif de Boston débarque dans la compétition avec des bases bien solides mais avec tout à prouver. Se faire hoster sa mixtape par Roc Marciano c’est un peu comme se faire taper un lap dance à 20$ par Scarlett Johanson, Hus Kingpin peut donc se la péter et profiter pour accompagner la réédition de sa mixtape Cognac Tape par une autre mixtape espèce de compilation de morceaux de lui-même et de ses proches. Breaker, mc, DJ, producteur et même acteur, Tony Touch est un vrai monument du rap américain, sa discographie parlant par elle-même, il outshine clairement les 3 autres, rien à prouver mais juste à confirmer.


Le projet : avec sa licence « The Piece Maker », Tony Touch revient avec un concept propre à lui : réunir 50 MC’s sur un seul skeud. Le format se veut clairement mixtape dans sa définition la plus simple, loin du standard actuel, on revient au basique avec l’idée d’un mix bouilli de bons et de moins bons virevoltant entre free-free et vrais tracks. Autre mixtape, format compilation pour les retardataires, #TheWinners Mixtape vient en support d’une autre mixtape The Cognac Tape, alors sous mixtape ? Non plutôt une présentation de sa team, Hus Kingpin rayonne actuellement (tout est relatif…) c’est le moment d’aligner ses soldats sur une mixtape d’une incroyable homogénéité (et derrière cette cover campagnarde se cache le bitume). Sur le même créneau, DJ Skizz et Kid Tsunami rentrent dans ce beatmaker album jeu avec l’optique de se faire un nom en enchainant beats de leur cru sur combinaison assassine comme il est de coutume depuis que le rap compte plus de beatmakers que de disques vendus. Problème c’est que ce type d’album n’a aucune finalité excepté d’enchainer les bangers. Largement gagnant sur cette thématique, Tony Touch marque son premier point suivi de Hus Kingpin puis ex-aequo DJ Skizz et Kid Tsunami.


Les guests : Catégorie vide grenier, vous vouliez de l’underground, vous allez être servis, avec ces 4 albums on fait dans tous les domaines, dans toutes les catégories (on évite quand même la touche mongolerie sauf Tony Touch qui nous ramène surement un de ses cousins qui tape vilainement l’incruste dans son skeud : Thristin Howl III). Hus Kingpin part malgré lui grand perdant avec des invités peu exposés excepté Roc Marciano. A l’affiche Rozewood, Mach Hommy, Smoovth, Sonny South Beach, Ghostra Nostra et le très attendu Milano, des noms pas forcément connus et qui pourtant envoient du très lourd (ce qui démontre la connerie du critère retenu qui se base sur la notoriété plutôt que sur la performance, auto-psy bitch…). Du côté de DJ Skizz, les années de radio ont permis de tisser de bonnes connections : l’intraitable Masta Ace, Shaabaam Sahdeeq, Tragedy Khadafi, Lil’ Fame (qui braille plus qu’il ne rap), Big Noyd, Al Tariq, Roc Marciano, A.G., O.C., Craig G, Cormega, rien que ça ! Des noms connus mais surtout des artistes que l’on ne retrouve pas forcèment sur ce type de galette en continue (ou tout du moins sur de l’album de beatmaker du dimanche). Dans ce registre, le Kid Tsunami tient aussi la corde : Kool Keith, Prince Po ou Sean Price, dur de dire que ça n’envoie pas du pâté bien gras (comprenez rillette). Et c’est loin de s’arrêter là : El Da Sensei, Kool G Rap, Bahamadia, KRS-One, l’australien squatte les maisons de retraite et ressuscite toute cette merde vraie malgré les rides. Last but not least, cet enfoiré de Portoricain Tony Tacos ne fait pas dans le délicat avec sa licence 50 mcs, forcèment y a du monde à la porte et ça débarque de toutes les côtes : Rah Digga, M.O.P., Busta Rhymes, Xzibit, Kurupt, B-Real, Papoose, Black Thought, etc. etc. La liste est longue (normal y en a 50). Et histoire de poser ses couilles sur du marbre, le mec te ramène même Eminem (avec un instru toute pourrie de lui-même). Dans la catégorie qui a la plus grosse liste de guests, Tony Touch marque à nouveau suivi par le duo DJ Skizz et Kid Tsunami, perdant mais dans la dignité Hus Kingpin clos le classement.


La combinaison assassine : fini le quantitatif va falloir sortir l’artillerie lourde, over l’éclat des noms et place au kickage, on remonte les manches. Ici on recherche le track façon braquo à la masse et à la tronçonneuse, Vacheron Constantin’s Style. Boss Material 2 remix, vous aimez le style Marci, vous allez adorer ce type de combo : Roc Marciano, Smoovth, Mach Hommy viennent accompagner le Hus Kingpin sur une production dark et planante en même temps. On a beau ne pas avoir l’artillerie des autres, ça n’empêche pas de finir le taff à coup de verres pillées. Mais la concurrence est très lourde et quand Masta Ace et Nature viennent taper les lines sur cette butterie de production qu’est Metal Bars, on se dit que le match est fini. Pire quand DJ Skizz réitère le modus operandi sur Let Em Know (Shabaam Sahdeeq, Rah Digga et Tragedy Khadafi), Triboro Thoro (Hannibal Stax, Big Noyd et Panchi), Light Years (Roc Marciano, A.G., O.C. et Godfather Part III) et QB All-stars (Craig G, Big Twins, Cormega et Nature), on a envie d’appeler les familles de la concurrence pour annoncer leur décès. Mais l’australien est farouche et à la peau dur, l’esprit du Bush australien dans le mental (et surement un peu de sa consanguinité), le Kid Tsunami fait court mais sévère dans la combinaison : Buckshot, Chubb Rock, Pharaohe Monch et Jeru Da Damaja, rien que ça sur le titre éponyme et électrisant The Chase. Seule réelle cartouche en mode combinaison pour Kid Tsunami puisque le beatmaker favorise des tracks avec un seul invité (romantique le mec). Enfin Tony Touch, on s’attendait à du très lourd pour le volume 3 et on est quand même assez déçu, reste tout de même de gros moment : un duo de poids lourd avec Guilty Simpson et Sean Price sur une production de PF Cuttin, Random est taillé pour la compétition. Suit une combinaison The LOX sur B.A.R.S. avec un putain de taf de Juju (Beatnuts) et une combinaison orientée Wu-Tang (Raekwon, Ghostface et RZA) sur Unorthodox, beat dark mais surtout super mal mixé. La meilleure expédition punitive revient à DJ Skizz, suivi de Kid Tsunami, Hus Kingpin et Tony Touch.


Epic Fail : un gros track ne peut pas enlever les séquelles traumatisantes d’une bouse et dans ce domaine, on a du répondant excepté Hus Kingpin qui sort indemne de cette catégorie grâce à une tracklist limitée et donc assez intelligente pour éviter les filers. Par contre pour les 3 autres y a du gras dans le steak. Si DJ Skizz gagne le trophée « Combinaison assassine », il peut aussi prétendre à celui de « Epic Fail »… Heavy Metal is Bakk avec Jack Frost et Malik B. est le genre de fond de tiroirs entendu et réentendu sans aucune âme, même constat pour la combinaison Lil’ Fame et Ill Bill : Vio-Lence aussi gracieux qu’un cheval de trait. On s’arrête là mais le constat est le même pour That Type et Day In The Life. Du côté de Kid Tsunami, On Course de Thirstun Howl et Sadat X tient le bas du pavé, on est en dessous du bitume pas loin de la cratosphère, heureusement, que l’australien semble cumuler assez de neurones musicales pour éviter la rechute. Par contre, dans le rayon promo 1 bouse achetée 5 autres de cacher, le Tony Touch reste très généreux, t’as qu’à tendre la main ! Hold That, ce genre de chose qui te promet du Flipmode Squad de haute voltige (Busta Rhymes, J. Doe, Reek Da Villian et Roc Marciano) et te prend en traite, entre le beat en carton et un Busta sous dialyse le retour de bâton est violent (V.I.P. qui réunit Too Short, Xzibit et Kurupt est clairement dans cette même veine). Si vous n’étiez pas fan de Twista, Bounce ne risque toujours pas de vous faire changer d’avis. Pire ? Ouais facile : One Person Thirstin, ce mec dont je n’ose même pas prononcer le blase doit urgemment arrêter le rap au moins pour nos oreilles et sa descendance. Aw Sux par Termanology : aussi efficace qu’un valium… On est loin de la perfection pour nos 4 larrons, mention spécial pour Tony Touch qui remporte ce trophée suivi de près par Dj Skizz.


La Sadat X : ce trophée consiste à éviter Sadat X quand on a un beat dont on ne sait pas quoi faire. Mais aussi d’éviter de donner le micro à un mec qui n’a plus rien à dire. C’est d’un niveau très haut puisqu’à l’heure actuelle tout projet réunissant plusieurs artistes rap tombent malheureusement dans la Sadat X, par facilité ou parce qu’on a laissé la porte du studio ouverte que l’on soit connu ou inconnu… Donc gros propz à Hus Kingpin et DJ Skizz pour avoir réussi à échapper à un verse de Sadat X. Malheureusement le reste des candidats tombent dans le piège puisque l’on retrouve le nuisible sur leur projet… Carton rouge à Kid Tsunami qui aurait dû remarquer qu’il y avait une grosse couille sur le très vilain On Course


La production : en réunissant des productions de PF Cuttin, DJ Premier, Beatnuts, Lil Fame, Statik Selektah et de lui-même, on se disait d’avance que Tony Touch allait tout brûler sur son passage tout en se demandant si son blaze n’était pas devenu une sorte de marques (sa patte étant la plupart du temps absente du projet). Si la plupart du temps les productions sont au niveau, elles palissent aussi d’une certaine répétition n’amenant pas de sang neuf (surtout pour les Beatnuts). Dur de critiquer de grands noms comme ceux réunis par Tony Touch mais on a quand même entendu mieux de leur part, rendant ainsi cette part 3 moins anthologique que les deux premières. Pour DJ Skizz, seul aux manettes, on a le droit au grand huit du beatmaking, capable d’atteindre les sommets comme les sous-sols délabrés, le touche à tout réussit en partie à maintenir son album à flot mais encore une fois le quantitatif n’est pas un palliatif au qualitatif… dur de critiquer Kid Tsunami, l’australien offre une belle copie propre pas de ratures ni de grosses bourdes (et gros travail de mix). Mais voilà ça fait vraiment trop premier de la classe et derrière ce côté propret on s’emmerde sur la longueur, le manque de relief tue petit à petit l’attrait de son The Chase. Malgré tout, sa patte aux manettes reste dans le haut du panier actuel. En lâchant une mixtape entre potes, Hus Kingpin aurait pu nous faire un truc très débridé, grosse claque puisque ce 11 titres tient par son homogénéité, vous aimez le style Marci et celui de Ray West ? #TheWinners Mixtape est faite pour vous. Knxwledge, MR Enok, DJ Kryptonite, Doktor Rheal et Chuck Strangers, des noms qui vous disent surement rien mais qui viennent surfer sur cette nouvelle vibe smooth and low du rap new-yorkais, un vrai vent frais.


Les critères utilisés étaient tellement peu objectifs et pertinents qu’au final on se retrouve avec le classement du meilleur au plus mauvais suivant : Hus Kingpin, DJ Skizz, Kid Tsunami et Tony Touch. Dans le fond, ces 4 galettes se valent, il n’y a pas réellement de fossés entre les 4 protagonistes. Hormis Hus Kingpin, on retrouve toujours cette surenchère de quantitatif qui essouffle la scène rap actuel. Du talent il y en a mais souvent les espérances dans la scène actuelle se confrontent à des logiques pas du tout en adéquation avec les attentes du public et la victoire de Hus Kingpin traduit en fait cette frustration puisqu’avec un mixtape de 11 tracks, il évite la surenchère.

Bunch Of Shit #6
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4 comments on “Bunch Of Shit #6

  1. « La Sadat X : ce trophée consiste à éviter Sadat X quand on a un beat dont on ne sait pas quoi faire »

    J’ai ris pendant presque une minute…

    Meme si je trouve que tu résumes parfaitement le BBQ je trouve que tu me l’as plutôt bien vendu…

    Pas écoute le Tsunami ni le Tony Touch,

    la Cognac Tape j’ai pas compris, pourquoi Marciano puis pourquoi subitement Mello Music Group… sinon oui c’est efficace mais je sais pas… frustrant chez moi…

  2. Thadrill on said:

    Ouais sur la première écoute j’avais chaudement recommandé le BQE, c’est un bon album mais le mec incorpore des sons qui servent à rien, il aurait du se faire un LP de 11 titres et il aurait facilement défoncé cette merde. Là en l’état y a autant de filers que de bombes.

    Ecoute le Tsunami, album très bien mixé, le Touch tu ne perds rien.

    Pour la Cognac Tape, le mec a eu raison de tenter une réédition via MMG, c’est un label qui pèse actuellement et ça lui permet une exposition plus conséquente, à voir si Marci le fait signer sur Man Bites Dog Records pour l’instant il est toujours free agent je crois.

  3. Dans tout ca J’ai quand meme zappé de te dire bravo pour ce Bunch Of shit plutôt que de balancer une note et dire j’aime j’aime pas, tu nous as laché un petit concept ce qui est plus agréable à lire et tu as même bien fait de na « noter » chaque projet.

    Putin j’ai marqué BBQ… le BQE c’est exactement ça, tu passes du meilleure au pire et ce de façon vertigineuse, c’est quand même à ce poser des questions sur son oreille ou est ce que il a voulu faire plaisir à tout le monde ?

    Hus kingpin il est pas signé chez Digi Crates ?

  4. Thadrill on said:

    Merci mec !

    Ouais c’est possible qu’il soit sur Digi Crates comme le reste de son crew

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