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R.A. The Rugged Man – Legends Never Die (2013)

« Attention derrière toi !!! » aurait dû crier Just Allah à Vinnie Paz quand R.A. The Rugged Man venait débarquer avec sa mise à l’amende digne d’une baffe microphonique sur Uncommon Valor. Un outshinage traumatisant qui restera dans les annales des fessées rappologiques. Rien de très choquant quand on connait les skillz et le delivery complet de R.A. The Rugged Man mais assez pour entretenir le mythe d’un des plus gros mc en exercice. Electron libre du rap, ni pute ni maître, son parcours dans ce rap jeu reste aussi chaotique que sa vie et aussi inexplicable que sa folie lyricale. Quel artiste US peut se vanter de faire comme il entend sans rendre des comptes et sans voir sa réputation entachée ou sa fan base se désagréger? A part le natif de Long Island, la liste tient sur un post-it. Signé dès 1992 sur Jive Record, le mec n’a jamais concrétisé ses contrats devant faire attendre ses fans plus de 12 ans pour avoir un premier essai très en dessous des espérances. Pourtant cette approche reste son fonds de commerce et derrière cette attitude de I don’t give a fuck, le mec a traversé les décennies en alignant des collaborations que beaucoup pourraient jalouser : Notorious BIG, Public Enemy, Rakim, Kool G Rap le tout sur des productions de Buckwild, ALC ou encore Eric Sermon. De retour dans les bacs pour de bon sans que personne n’y ait vraiment cru, R.A. The Rugged Man revient cette année avec Legends Never Died un album qui se veut comme un hommage à son père vétéran de la guerre du Vietnam et décédé en 2010.

Quand on se veut fou, on n’a pas peur de bousculer les carcans ou de bousiller toute valeur pour mieux construire à sa sauce. Attendu dans le game de par cet hommage à son père comme un album underground bien sombre, R.A. The Rugged Man prend à nouveau le contre-pied de sa base en larguant un album tout en contradiction et surement le plus proche de sa personnalité. Pas du tout abouti et perfectible en tout point ce Legends Never Died subjugue par sa facilité mais surtout rend l’ensemble complétement universel : une vibe clairement mainstream capable de réconcilier les plus fervents headz de l’underground sur des lyrics d’une grossièreté à déclencher des AVC en série à la fan de base de Kanye West. Sur 18 tracks, R.A. The Rugged Man ressuscite une époque où mainstream et rap underground était capable de cohabiter sur une même galette. En point d’orge de cette fusion, ce mélange mainstream/hardcore est symbolisé par le track Luv To Fuck avec le revenant Eamon, rien que dans le titre on comprend directement le contenu lyrical, I’m in my mid 30′s and I’m strictly fucking bitches that are barely 18 le tout ponctué par un hook de toute beauté d’Eamon :

You know I love to fuck, tearing up that butt

They always make me feel at home

Never leaving me alone, never leaving me alone

I swear they love the dick, drip, drip, drip

They don’t forget my balls

They often long to bring me home

Never leaving me alone, never leaving me alone

Une ligne lyricale qui contraste complètement avec un beat tout public calibré pour les radios de Shuko. Un choix fou mais savamment réfléchi et auquel même un Buckwild se plie à l’exercice sur deux tracks : l’intro Still Diggin Wit Buck (trop courte pour un beat de ce calibre) et Media Midgets sans pour autant perdre de son touché et de sa technique (un brin trop propre sur la seconde).


Et même quand l’introspectif prend le dessus et que le père ressort dans son écriture, Legends Never Died (Daddy’s Halo), le Rugged Man ne trahit pas la ligne de son album, un beat simple et efficace passe partout de Mr Green. Tout ce mélange donne des moments de réel plaisir comme The Dangerous Three sur une instru de Mr Green, R .A. réunit Brother Ali et Masta Ace sur un banger, The People’s Champ d’Apathy, Shoot Me in The Head de Marco Polo et le très funky Definition Of Rap Flow de Dev-1. Si seulement on pouvait critiquer les prestations du gars mais même là entre un flow calibré et un breath control exclusif, le R.A. lâche des verses de haut calibre :

Death by suicide bomb, protestants, Bibles, a Koran, or Islam

From Genghis Khan to Vietnam I can smell the napalm

Rape victims, ripped stockings

Redneck clan members doing church bombings

Innocent fetus’ being aborted with no options

Human governments ruin ‘em

Worrying what weapons could be used to be nukin’ ‘em

Jesus was crucified in Jerusalem

Slaves treated like property, to Pearl Harbor to Hiroshima to Nagasaki

Adolf Hitler, to every murderous Nazi

To the Gambinos, to the Gottis, to every mafia atrocity

Child pornography, babies starving and dying in poverty

Serbians fighting Croatians in Yugoslavia

Muslim women being raped, up to 40,000 in the war in Bosnia

The 50 million killed in the second World War

The government’s poisoning the minds and the bodies

Of the babies that are born poor

Airplanes blown up by Islamic extremists

In religion there’s always drama

Whether worshipping the Prophet Mohammed or Jesus

Small pox to Napoleon’s troops dying from typhus

From the Spanish flu to the black plague, today its AIDS virus

Bodies in coffins, political extortions

Racist mobs murdering, Willie Turks, Michael Griffith and Yusef Hawkins

Check the murder rate, is it human nature to murder and hate?

The Catholic church claimed women were witches andburned ‘em at the stake

Pedophile predators attacking

.38 Beretta used by Ghandi’s assassin

16 bullets in Malcolm, it happened uptown Manhattan

And the homicide, Reagan ’80s epidemic of crack

And soldiers in action dying in Iraq and never coming back

And now let’s

Learn Truth sur une production impeccable de Mr Green (comme d’habitude avec le gars)


Bien sûr, le tout ne protège pas des ratés, à ce titre Holla-Loo-Yuh s’incorpore très mal musicalement dans l’ensemble en plus de se retrouver avec la prestation très forcée de Tech N9ne, Underground Hitz et son sample classique transpire la production grossière. Reste ensuite sur la longueur si la touche de légèreté ne coule pas la replay value de cette galette. La survie de Legends Never Die devra beaucoup au charisme hors norme de R.A. The Rugged Man


R.A. The Rugged Man reste se personnage insaisissable et inclassable ce qui en a fait sa notoriété. Auréolé par un flow tout terrain et une folie grossière, l’homme continue son parcours et nous emmerde. Legends Never Die en plus d’être son meilleur projet ne correspond à aucun standard actuel naviguant entre lyrics street et beat tout public. Vous aurez beau essayé de le faire rentrer dans le droit chemin Richard Andrew Thorburn n’aura de cesse de s’en détacher en vous rappelant que son monde n’appartient qu’à lui (ainsi que votre femme…).

 

15/20

R.A. The Rugged Man – Legends Never Die (2013)
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