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N.O.R.E. aka P.A.P.I – Student Of The Game (2013)

Capable d’enchainer les perles comme les bouses, Noreaga aka P.A.P.I. pour l’occasion est ce genre de mcs que le ridicule ne risque pas de tuer vu que sa discographie solo ne l’a pas enterré et pourtant… Injustement mis en  avant comme l’âme de C.N.N. alors que son acolyte Capone le dépasse dans toutes les disciplines du mceeing, N.O.R.E. a toujours profité de sa street credibility pour se permettre de nous la mettre avec des albums de merde. Loin de se rattraper au micro et encore moins à la plume, le mec  ne mérite actuellement aucune reconnaissance. Mais voilà entre envie de lyncher la bête et l’espoir de retrouver un soupçon de ce qui a fait de lui un des personnages du Queensbridge, on ne pouvait pas passer son chemin devant  Student Of The Game


Si le ridicule ne tue pas, il abime fortement les oreilles de toute personne apte à écouter cet album. A force de titiller la bête, on en a pour son argent : Student Of The Game déborde de daubes le tout orchestré par un mec de 40 piges souhaitant se la péter Cash Money Records pour jeune boutonneux en manque de swag. Vous recherchiez la symbiose entre contenu et contenant ? Vous avez fait le bon choix : le fruit est aussi pourri à l’extérieur qu’à l’intérieur. A commencer par Tadow : guests, hook et verses, le désespoir musical prend toute sa symbolique. French Montana, 2 Chainz et Pusha T habitués à ce genre de fosse musicale entraîne Noreaga aka P.A.P.I. dans les abysses le tout sous la torture d’un lépreux sous acide pianotant sa prod comme Guetta. Je pourrai me taper un diplôme en musicologie que je n’arriverai quand même pas à comprendre comment The Problem (Lawwwddd) a pu échapper à toute censure, pour trouver encore plus pourri faut taper direct sur Only Bad Ones. Délire Miami ou juste besoin d’être tendance, Thirsty est juste un remix de ce que les chaines musicales diffusent en matière de rap, sauf qu’à la place d’un mec en slim plastifié tu te tapes un vieux chicanos de 150 kilos agitant sa bouteille de Jack tout seul… Va falloir vraiment mettre des tartes aux médecins qui s’évertuent à sauver la vie de Lil Wayne à chaque overdose derrière le truc est capable de rendre un salafiste alcoolique avec sa voix de plumeau, She Tried, t’as l’impression d’avoir la grand-mère de Nore sur le hook : Who’s your mami, papi ?


Mais l’espoir fait vivre, et si Nore est capable du pire, il est capable aussi du meilleur compensant ses descentes aux enfers avec de l’artillerie lourde sortie de nulle part. Faciles à identifier sur l’album, soit parce que le guest est pas wack, soit parce que le beatmaker même en se foirant pourra jamais descendre aussi bas qu’un Only Bad Ones, ces tracks sauvent in extremis N.O.R.E. du bannissement à vie. Large Professor c’est un peu comme Primo, si t’as pas ta prod Large Pro avant 50 ans c’est que tu as raté ta vie… Built Pyramids, plus que de la cartouche de magnum, une ogive à défragmentation supprimant d’un seul coup toutes les bouses de l’album. Tellement identifiable au mec, cette production devrait être écoutée par tout nouveau beatmaker se croyant au niveau. Dans la catégorie « pépé fait du miel », Pete Rock démontre sa longévité en gavant N.O.R.E. de Vitamins, beat sombre et simple, un Pete Rock qui gère bien l’affaire et un N.O.R.E. qui mouille le t-shirt. Pour le reste on retrouve quelques bonnes combinaisons sans réels éclats mais qui ont la particularité d’être audibles : Scarface en gage de qualité sur What I Had To Do sur un beat passe-partout de SPK, Camouflage Unicorns, une combinaison Tradegy Khadafi et Havoc pour le côté Queensbridge sur une bonne prod de Scram Jones mais qui pêche dans son hook. Et puis Face Of Death suite sans saveur de Banned From TV sans le talent de l’original.


On savait très bien à quoi s’attendre avec Noreaga sur un solo, en mettant le doigt dans l’engrenage y avait de forte chance de se faire broyer les phalanges. Seule nouveauté à l’horizon, la facilité pour le moitié de CNN de jongler entre deux extrêmes : entre Built Pyramids et Tadow on se demande si le mec souffre pas de bipolarité auditive ou s’il nous ne cache pas des dons de gymnaste roumaine pour faire ce type de grand écart…

 

9/20

N.O.R.E. aka P.A.P.I – Student Of The Game (2013)
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