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The Demigodz – KILLmatic (2013)

« Tu l’as pas volé celle-là » s’exclame Polo dans sa plus belle élégance après avoir lâché une mornifle aller-retour à junior. A part l’alcool et la précarité de Polo, on peut se demander ce qui a poussé le géniteur à réguler les braillements de sa progéniture par une bonne vieille golden très peu prisée dans les mœurs actuels. Et bien c’est assez simple en fait, comme toi et ton impatience à vouloir avoir une trace du crew The Demigodz sur CD, il y a un moment où la patience a ses limites et comme Polo, les The Demigodz ont un certain seuil de tolérance qui les amène à gérer ce désagrément par la violence : Killmatic, LA gifle dans ta gueule mais attention pas la giffle musicale, non, non, non ! La giffle qui te dit « prends ces fonds de tiroir et arrêtes de nous faire chier ».

La tolérance pour le mépris n’a d’égal que la notoriété de ceux qui vous l’inflige, proverbe de votre serviteur qui s’adapte de plus en plus à tous ces sites spécialisés en chronique capable de te noter un album à la tête du client. A part quelques gentilles remarques sur l’homogénéité de cet album, nos amis comiques du web nous refont une parodie de l’hypocrisie journalistique sans la carte, on change le support mais pas les mentalités. Accueilli à la hauteur du potentiel de ses membres Killmatic est donc le premier « effort » de ce groupe, enfin de cette famille si on souhaite taper la flute,  qui réunit ce que la scène east a fait de mieux ses dernières années : le mc et producteur Apathy, Celph Titled et Esoteric, 3 acteurs du mouvement réellement reconnus pour leurs skillz et dont la discographie  parle en leur faveur (mention moins bien pour Apathy à ce niveau). A cela s’ajoute aussi Blacastan, Motive et Ryu membre des Styles of Beyond. Manque à l’appel Louis Logic qui a peut-être eu raison de quitter la barque avant la tempête. Si Killmatic était aussi attendu c’est qu’en avril 2002, cette bande de salopiauds avait eu la bonne idée de nous en foutre plein la vue avec leur EP The Godz Must Be Crazy d’où la frustration et l’attente généré 11 ans plus tard avec Killmatic.

Mais voilà, on a beau avoir les oreilles encrassées y a quand même une ligne à ne pas franchir quand on se complet dans la reconnaissance d’un fan base très fidèle et on aurait préféré se taper des chutes de studio ou des sessions free-free dans la cave plutôt que ce genre de galette aussi vide que les caisses de l’Etat.


Quand Polo aplatit ses phalanges et sa paume sur le gentil minois de junior ce n’est pas pour lui passer de la crème Nivea mais pour lui ré-axer les molaires dans le bon alignement. Et bien dans Killmatic, quand tu te tapes  les 16 beats de l’album ce n’est pour aérer ton oreille à coup de coton tiges mélodieux mais histoire de se taper une bonne vieille otite purulente. Saufs quelques exceptions, si tu grattes plus profond t’attaques directement le métal de la cuve. Encore plus fade qu’une bouillie de salsifis, l’album est une continuité de beats casse gueule et sans aucune vitalité que l’on soupçonne d’avoir été placé pour essayer de démontrer la technicité des mcs. Stratégie non payante puisque le seul ressenti qui impacte les oreilles c’est l’interrogation. Imaginez-vous en studio et Chumzilla arrive avec le beat de DGZ X NYGZ, s’il y a une once d’humanité en vous, vous lui broyez les doigts à coup de marteau afin que cette charpie auditive ne se reproduise pas. Imaginez maintenant que vous êtes en train de vous relaxer dans le jardin avec une bonne bouteille de Jack et quelques vidéos de saison en streaming Youporn sur votre smartphone, bref pépère… et là votre con de voisin Apathy décide de faire péter les basses en balançant coup sur coup les instrus de Dead in the Middle, Raiders Cap voir carrément ce pastiche de Rocky Demigodz Is Back, en tant que bon patriote, il est d’usage de sortir la pétoire de papy et de foutre une salve de plomb dans les chicos du rouquin. Et le problème c’est qu’après avoir épuré le mauvais il ne reste pas grand-chose à grailler sur l’os. Certains se satisferont du travail de DJ Premier sur Worst Nightmare mais remis à l’échelle de son travail, la production ne risque pas de se classer dans ses grands crus. Reste alors peu de satisfaction, The Fallen Angels, Dumb High et Just Can’t Quit dans le rôle de « les femmes et les enfants d’abord » sortiront de ce naufrage.


Et le revers de Polo n’aura de finalité que d’harmoniser les deux joues de junior histoire de ne pas faire de jaloux. Pareil sur ce Killmatic, les prestations microphoniques permettent un très bon alignement sur les productions… On restera dubitatif quant à l’ambiance bon enfant, trip entre potes et autres qualificatifs pour redorer le blason des mcs car au final, on remplit les verses histoire d’être présent. Pas de combinaison meurtrière sur cet album et même le versus Esoteric vs Celph Titled sur Tomax & Xamot laisse la mémoire vierge (pourtant la thématique jouet vintage est le fonds de commerce d’Eso). Alors que Blacastan et Motive font figure de mannequins en vitrine (et un temps d’expression au ras des pâquerettes), Ryu reste surement celui qui sort le moins éclaboussé (Raiders Cap) mais pas grâce à sa performance mais à la non-performance du reste. D’ailleurs on se demande à quoi bon inviter du beau monde sur cet opus même RA The Rugged Man semble s’emmerder et nous avec. Une petite mesure dans les propos : loin d’être plus mauvais que l’ensemble du panel moyen des sorties US, les membres du crew payent au prix fort leur prestation moyenne de par leur passif et leur capacité à faire largement mieux. Là on reste constamment dans le registre des phrases chocs ou de la semi-compétition bon enfant rendant une copie trop propre pour que l’on y adhère (on se demande même si les sessions de studio ont pas eu lieu chacun de leur côté).


A force de réclamer, les fans ont enfin eu une réponse de The Demigodz, une grosse mandale dans la gueule aussi élégante qu’un majeur coller sur la face. Killmatic n’est qu’un écran de fumée sorti trop tard pour mériter l’attention de ses protagonistes. Quant aux heureux acquéreurs de cet album, ils auront au moins le plaisir de le ressortir pour la pochette par contre pour le contenu…

10/20

The Demigodz – KILLmatic (2013)
4 vote(s)

One comment on “The Demigodz – KILLmatic (2013)

  1. NosTa OneR on said:

    je valide la deception qu est l album et je valide la qualité de la chro.

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