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Némir – Ailleurs (2012)

Y a pas que la cargolada à Perpignan, y a Némir aussi !!! Et dans le rayon spécialité catalano-perpignanaise à la sauce méditerranéenne, on n’avait pas fait plus épicé depuis un sacré bout de temps. Si les 5 lettres du blase ne vous reviennent pas en mémoire, il est sûr que ceux qui ont eu à se les taper en première partie de concert, sont marqués par la prestation sur-vitaminée de Némir. Sec comme une crevette, Némir c’est un peu le label garanti d’une nouvelle génération qui vient défendre son territoire avec ses tripes et surtout loin d’être dans la demi-mesure. Pas besoin de chercher l’embrouille, Némir s’impose et impose du respect dès qu’il a le mic dans les mains, il ne manquait plus qu’un premier projet solide pour graver son nom dans les mcs de valeurs. Ailleurs, EP de 10 titres, est l’étincelle d’un grand mc en devenir, immersion dans l’univers d’un mec dont la générosité se ressent aussi bien dans le personnage que dans sa musique.

Ça faisait un bon moment que le vent frais n’avait pas atteint les remparts de Perpignan, la cité connu pour sa douceur de vivre et son mode de vie à la catalane vient donc de se prendre une bonne baffe dans la gueule depuis que Némir se lâche au micro. Rappeur inconscient comme il aime le dire, le mec est loin d’être juste une tornade venue défoncer les scènes de l’hexagone. Même très loin quand on se rend compte de la richesse et de la fraicheur de son premier EP. Entièrement produit par En’Zoo, le membre du Perpi Zoo avec Hassan, Gro Mo, Carlito et Everydayz, a eu la bonne idée de se lâcher et de tenter le coup de booste pour se placer une belle place dans la relève…


Moins Hipster pour bobo boutonneuse que les 1995 mais avec une vraie personnalité, moins drôle qu’un Taïpan (et encore sa prestation sur cet EP est loin d’en faire un comique) mais avec des oreilles pour choisir ses instrus, moins « Villeneuve La Garenne » que Guizmo mais, sans mal, plus pertinent, Némir est un personnage dont l’égotrip arrive encore à surprendre. A l’aise sur tout type d’instru et pépère sur du multi-syllabique, le mc adapte son flow sans difficulté malgré un accent qui demande plusieurs écoutes pour comprendre ses textes (ça c’était la pique de gros connard de parisien de base !).

En’Zoo à la prod comme l’aime le rappeler Némir tout le long de cet EP, l’architecte musical lui offre un catalogue complet de beat en tout genre passant des ambiances énergiques (Intro, Wake Up, Ailleurs, On Block) à des ambiances bien plus feutrées (Check, Sur, Ratatatat). En’Zoo c’est du one shot, tu lui donnes l’instru il t’en fait une bastos, le gars tape dans plein de registre et d’atmosphère, ne se noie pas et survole sa mission. Nouveau dans l’arène, il est probable que le mec vient de marquer un nombre considérable de points avec cet EP, et si dans sa réserve il lui reste des beats de cette catégorie, mc tu sais quoi faire…


Et le Némir? Sapé comme Cousteau avec des Ray-Ban, le mec se veut léger, loin de se prendre au sérieux dans la thématique, il en reste pas moins que le gars vient avec un vrai travail de poses et d’écriture. Le projet sent à 10 bornes à la ronde le truc travaillé et réfléchi loin de la quantité de merde polluant les sites et les bacs. Pas de prise de tête on navigue dans le quotidien d’un Némir plutôt simple et sans le côté donneur de leçon, si le mec aime la répartie et le taillage lyrical c’est surtout son flegme qui donne de la dimension au personnage. Comme il nous avertit sur Ailleurs, on y retourne assez facilement comme une dépendance. Némir ne compte pas en rester là, et derrière cette attitude style pépère le mec a les crocs (Ratatatat).

Donc on se retrouve avec une grosse tuerie au final ? Popopop, on va se calmer, j’ai pas fini et maintenant on va appuyer là où ça passe pas : les featuring. Némir est clairement le genre de mecs qui a la carrure pour en imposer au mic sans avoir besoin d’aide et on ne peut que se demander l’intérêt de la plupart des featuring. Hormis Gro Mo où on sent un vécu commun et un vrai feeling, le reste semble plus être un lâché de poufs pour attirer les projecteurs. On ne se fera pas d’idée, je n’aime pas Burbigo, le mec pue l’imposture avec sa gueule de victime comme ses copines de l’Entourage et sa nouvelle prestation ne fait que le confirmer (Tu te voyais naître à New-York ? Ok…) donc bref me coltiner n’arrange pas ma réflexion. Pour les autres, c’est surtout l’intérêt de les avoir : Alpha Wann, cotisons-nous et achetons lui un Bescherelle histoire qu’il ait quelques anecdotes à nous compter, Taïpan, Quand je crache la polenta tu prends dix piges comme si t’avais la progéria, c’est pas drôle, c’est pas méchant mais ça sert à rien, Greg Frite et Kenyon, ouais passons, rien de dégueulasse mais rien de percutant. Bref un Némir en solo du début à la fin aurait clairement suffit surtout qu’en termes de valeur ajouté c’est aussi pertinent qu’un éthylotest dans un bar PMU…


Grosse saveur de la fin d’année, Némir ne fait que confirmer ce qu’il nous offre depuis quelques temps sur scène. Générosité et simplicité sont les briques de la fondation Némir, Ailleurs mais les pieds sur terre, bien ancré avec cet essai grâce aussi à un beatmaker efficace En’Zoo, on espère vraiment qu’il sera autant nous régaler sur un solo en long format et sans l’aide de certaines têtes qui le tirent plus vers le bas que vers le haut.

 

16/20

Némir – Ailleurs (2012)
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