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Bunch Of Shit #2

Quand on a pas le temps de faire étalage sur chronique de tous les skeuds écoutés, autant faire un tire groupé : Bunch Of Shit, volume 2 !

La rue ce n’est pas que violence, sexe et drogue, elle peut aussi être un facteur de poisse. Welcome to Chicago, ville incapable de sortir de l’aura de Common Sense alors que la scène pullule de talents divers et réels. Thaione Davis, mc de son état, réel diamant brut mais que la lumière de la reconnaissance n’a jamais voulu éclairer. Le genre de personnage venu raconter son quotidien mais qui ne trouve pas d’oreilles ouvertes. Et pourtant l’année 2009 aurait dû être son année : épaulé par tout le savoir-faire de Rashid Hadee à la production, Thaione Davis délivrait alors son meilleur album Still Hear et personnellement le meilleur de l’année. Ce statut d’incompris amplifiait encore plus l’attraction envers ce personnage d’une réelle franchise (pas de fioriture sur l’écriture, pas de scénarios complétement irrationnels, du vécu de rue direct). Ce nouvel échec de reconnaissance ne laissait pas entrevoir un avenir radieux à Thaione Davis voir aucun avenir dans la musique (il n’y a pas que l’amour de l’art, il y a aussi et surtout la possibilité d’en vivre). Pourtant le natif de Chicago se relève pour venir de nouveau se faire entendre avec  son 8ème album Seventeen (8 faut vraiment avoir un mental de béton).  Malheureusement la poisse des années passées semble s’être transformée en raté car ce nouvel essai n’est vraiment pas à son avantage. Fini les collaborations, Thaione Davis reprend la double casquette producteur/mc, et l’enfermement dans cette bulle depuis tant d’années se fait tristement sentir fini les sorties boom bap fracassantes et bonjour les sonorités noires expérimentales. Thaione Davis se veut calme voir apaisant aux manettes quitte à parfois nager dans les eaux troubles de l’abstract sans en avoir la consistance. Ça passe ou ça casse d’entrée de jeu, ne cherchez pas un quelconque état d’esprit pour rentrer dans  cet univers musical et même sa plume aiguisée dans les strates de béton des rues de Chicago n’arriveront pas à vous retenir. Thaione Davis est seul face au monde, peut-être trop seul…

10/20

 

Kendrick est jeune, noir et noyé dans une énorme mégalopole. Il se trimballe avec ce numéro de téléphone de cette fille qui lui fait bizarre dans le calecif. Il aimerait bien la kiter comme une pute mais manque de peau il est aussi à la déche que sa mère (incapable de savoir qui est le père du gosse). Kendrick n’est pas un cas unique juste un jeune né dans le plus gros ghetto de LA : Compton. Pour s’en sortir il pourrait vendre de la drogue et buter les méchants négros qui en veulent à son territoire mais son amour l’amène à rouler dans les rues de sa ville avec son J9 tout pourri. L’amour est-il plus fort que l’argent facile ? Kendrick survivra-t-il  à ses tourmentes hoolywoodiennes de pré-ado ? Ce synopsis pourrait être la nouvelle adaptation de Dawnson pour le petit écran manque de peau c’est la nouvelle machine à cash du label Aftermath. Capable de changer la merde en or, la machine marketing d’Aftermath reprend le succès de la campagne Beats By Dre pour l’adapter au nouveau prodige californien : Kendrick Lamar et son Good Kid, M.A.A.D. City, beau packaging pour peu d’intérêt.

Attention OVNI s’émoussent les médias, aussi crédible que la motion bio sur des légumes ukrainiens, cette nouvelle secousse rapologique ressemble plus à une flatulence gastrique qu’à un Tsunami comme le souhaiterai la sympathique bande d’Aftermath.  Album sans réelle forme qui n’arrive jamais à s’avouer mainstream de part sa vibe jazzy aérienne, Good Kid, M.A.A.D. City reste pourtant un album plus que banal voir à la limite de l’ennui. Très loin de la fraicheur de son ainé Section 80, on aurait pu trouver un certain esprit conceptuel si la storyline de départ avait évolué pendant toute la durée du cd (flashforward, flashback, même Lost est moins chiant à suivre). Manque de peau, on revient aux basiques californiens : bitches, drive by, gang, weed, bref du NWA 2.0. On ne pourra pas tout mettre d’un seul coup à la poubelle, car certaines choses méritent de s’y atteler, encore faut-il réussir à finir l’album sans abandonner l’écoute…  L’album est teinté de mauvais goût, de tracks sans aucun intérêts et d’une ambition très limitée : Backstreet Freestyle en culmine la globalité. On pousse le ridicule à des limites malsaines sur des sons comme Poetic Justice entre un instru complètement kitch et aussi glam qu’une nappe plastifiée et un Kendrick complètement perdu voir carrément repêché par l’autre pot à crème de Drake. Que dire de Real ? Espèce de suppositoire à la guimauve aussi efficace qu’un placébo. Et pourtant oui, des moments de haute voltige coexistent dans cette sangria californienne à commencer par le single Swimming Pools, tube en puissance qui trouve sa force dans cette tranquillité west coast portée par un hook d’une simplicité addictive. On citera Good Kid un peu à part plus nerveux plus perché et perdu dans sa réalité sociale,  Money Tress avec son camarade Jay Rock du crew Black Hippy (si ce n’est pas complétement westcoast comme son)… Pas besoin de bouche à oreille pour que Good Kid, M.A.A.d. City fasse parler de lui, la machine Interscope s’en est chargé emportant avec lui le soufflet des anti et des pro Kendrick Lamar. Si l’album n’est pas classique surement que l’ébullition autour du disque le restera au détriment du contenu et de sa valeur réelle, Beats by Kendrick

11/20

 

Je m’étais juré d’arrêter m’emmerder à chroniquer des compilation/projet de beatmakers pour cette année, vu que j’avais assez donné dans ce domaine. C’était sans compter sur ces enfoirés d’Helvétiques qui viennent de nouveau m’emmerder. Après le très bon album de Grand Papa Tra de Lausanne, Lost In New-York, voilà qu’un autre beatmaker de talent et originaire de la même ville, y va de sa galette. Le Greck, beatmaker, n’a rien de réellement en commun avec Grand Papa Tra, puisque le larron navigue plus dans le style germano-philadelphien avec son Mythologia… En clair Le Greck est un peu l’enfant illégitime sorti tout droit d’une partouze musicale entre le fondateur musical des Jedi Mind Tricks Stoupe et les généraux de guerre allemand : Snowgoons. Et des marmots dans la nature, ils en ont une palanquée, alors pourquoi plus Le Greck que les autres ? Tout simplement parce que si le style s’en rapproche Le Greck ne fait pas qu’imiter et amène une patte bien plus souple à ses compositions. Plus souple et surtout plus efficace, Mythologia n’essaie pas de créer la surenchère par la quantité et se limite à 11 tracks avec des guests habitués du genre. Au menu que du saignant avec l’énorme Celph Titled pour la grosse bastos Doctor Of Destruction mais aussi Reef The Lost Cauze, Outerspace, Cheif Kamachi et Shabazz The Disciple. A défaut de revisiter les thèmes de la Mythologie grecque, Mythologia de Le Greck devrait vous suffire à votre besoin journalier de protéines musicales.

14/20

 

Rien de meilleur qu’un bon aller-retour de paluches musicales pour vous refaire un homme. Après une grosse période de guimauve auditive en tout genre, la paluche musicale raffermit les pores des conduits auditifs et décrasse de la cire daubistique entassée. Elle peut venir de partout et cette fois elle provient direct d’un des mcs/producteurs les plus talentueux des cinq dernières années mais aussi atteint d’une flemmite aigue par moment : Rashid Hadee ! Associé au label Honest Management, Rashid Hadee a eu la bonne idée de lancer un projet en 3 parties qui consiste à s’associer avec des talents encore inconnus (sauf le premier volume où Hadee vient donner la leçon, bref je cherche en vain à trouver un but à ce projet en 3 pareties qui n’en a pas…). Et pour ce deuxième volet, le Rashid tape très fort en mettant en avant les productions d’un jeune de Caroline du Nord Shemaiah Roberts, un inconnu qui va risquer très vite de faire parler de lui. En 5 tracks, Shemaiah Roberts insuffle une ambiance réellement prenante à base de sample jazz et funk tout en douceur. Une ambiance idéale pour les soirées pluvieuses où le flow de Rashid Haddee réchauffe les oreilles, on aimerait trouver un défaut mais même en terme de replay value ce 5 titres est de la crème pour les oreilles. Et comme c’est offert y a vraiment pas de raison de ne pas l’écouter : http://rashidhadee.bandcamp.com/album/rashid-hadee-meets-shemaiah-roberts

16/20

Bunch Of Shit #2
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3 comments on “Bunch Of Shit #2

  1. Bordel de merde j’ai toujours pas ecouté le Thaione Davis mais vu les retours je me demande meme si je vais le faire…

    Ton premier paragraphe sur le kendrick… Ca faisait longtemps que j’avais pas autant ri, a chaque ligne une barre au ventre, merci !

    je peut être mal jugé le greck il est vite allé dans la corbeille…

    Tres content que tu apprécies le Rashid Hadee, je me surprends aussi à le faire tourner régulièrement, il y a plus qu’à espérer que ce projet apporte réellement un plus à Shemaiah Roberts.

  2. grosse déception le Thaione, j’ai pas adhéré du tout à son univers musical.

    le premier paragraphe sur le Kendrick c’était surtout pour me foutre la gueule des mecs qui le chroniquent comme si c’était le dernier god rabbit qu’ils aient testé genre je quitte ma meuf et je baise avec le cd…

  3. nosta oner on said:

    mmm Kendrick Lamar , on a du lire les meme chronique qui lui donnent la note maximale…….;)

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