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J-Love – Most Interesting Man Alive (2012)

Toute ville mérite son héros et la justice qu’il repend, quand Gotham City peut compter sur la noirceur de la cape du Batman, New York City peut, elle, s’en rendre aux plumes tatouées d’un RL du Nighthawk !!! Doté d’un arsenal incroyable de mixtapes en tout genre, le Nighthawk envahit les rues crasseuses de la grosse pomme à coup d’Acknowledge tape et autres tribute de mcs aussi underground que son polo Ralph Laulau. Quand le DJ lambda trime 6 mois pour lâcher son mix, le Nighthawk t’en a déjà lâché une quarantaine à un prix qui fait passer le kilo de patates pour un bien de luxe (tu rajoutes le frais de port à $7.99 et c’est toujours moins cher que la dernière daube de 9th Wonder). Le Nighthawk n’a pas besoin d’Avengers et autres Justice League, le mec forme lui-même ses acolytes et préfère leur mettre du Ralph Lauren bien pété version Lo Life plutôt que du collant de tafioles façon Peter Pan. Sous son aile, ce sont les nouveaux super-héros du rap qui viennent péter les enceintes des ghettoblasters : Meyhem Lauren aka Mister Thanksgivin’, Action Bronson aka Bam Bam Bigalow avec qui il forme les Outdoorsmen (affiliation Lo Life), Shaz Illyork, AG Tha Coroner, Spit Gemz, tous doivent leur salut au Nighthawk. Plus précis qu’un pigeon qui te chie dessus, le Nighthawk n’a que faire de la street credibility car il est aussi bien street que crédible (ouais gros !), et si l’enfoiré veut poser en ¾ pété avec le bonnet de Cousteau sur un fond de paysage océanique dégeu plutôt que sur le corner d’un project, lui peut alors que toit t’es toujours pas crédible avec un flingue à la main. On le connait le jour sous le nom de J-Love et en lâchant son nouveau street CD Most Interesting Man Alive, il revêt à nouveau son costume plumé, les baltringues du micro et les accros des loops slim n’ont qu’à bien  se tenir !!!


Pas chichi ou d’effets spéciaux quand J-Love débarque dans votre lecteur, c’est pas pour faire du Lana Del Rey à la sauce Kendrick Lamar, non le mec sent le pavé de bitume à 30 km à la ronde et dégomme à coup de mic sans faire de détail. Plus proche de Hulk avec une vision artistique aussi fine que le réalisateur de The Green Lantern, J-Love ne se soucie pas de scénario étriqué à la Cristopher Nolan : un but tout défoncer.  Cette non finesse, on l’a retrouve partout dans son univers : des sapes Lo Life à la réalisation de ces pochettes par Rodini The Street Picasso Almonacy, le mec vit sa musique, son gagne-pain. Avec des moyens de communications limités, J-Love a réussi à se construire une solide réputation, parrain de la nouvelle école du Queens, producteur aux beats estampillé NYC (avec forte influence de Large Professor), street spitta, le businessman est limite une icône incomprise (et que l’on aime bien charrier).

Comme dans un film de super-héro, l’auditeur ne peut être surpris par les livraisons de J-Love, pas de virage à 90°,  un scénario identique, on change quelques éléments histoire d’éviter trop la répétition comique (le contraire du dernier Spiderman) et voilà les nouvelles aventures musclées du Nighthawk, aussi basique qu’un Iron Man. La déception ? Quand on lâche son billet à J-Love on sait ce que l’on est venu chercher : du spectacle (et un peu de kitch)! Et à ce niveau le mec connait la recette c’est du 100% satisfait, pour le remboursement c’est coup de bec façon mouette.


Alors que nous offre les nouvelles aventures du Nighthawk ? Quelques surprises tout de même avec un J-Love qui lâche les manettes sur la majorité du cd et se fait plaisir en y appelant d’autres grands noms actuels ou passés. Chez les vétérans, la présence de Buckwild sur Conversation, vibe intimiste sur un titre assez bien construit de par J-Love (discussion sur comment rester street crédible une dégaine pétée…), le chimiste des Cella Dwellas, Nick Wiz sur Drop the Beat, patte reconnaissable mais style qui colle mal au Nighthawk (style fast flow plus proche du mec sous crack). Le résident du Queens Ayatollah vient lâcher deux beats dont l’ignoble Gun Bufflin’, si Method Man est un habitué des beats pourris (70% de son répertoire), ça serait sympa de l’entendre des sons plus convenables (déjà qu’il n’arrive plus à sortir un album…), heureusement que Psycho Les a la brillante idée de lâcher Alley Rock et sa boucle de piano pour rattraper le raté. Chez les valeurs actuelles, on retrouve Purpose qui se taille une très belle part de ce street album avec un enchainement Helps To Be The Men, Different Genetics et Mine (distillé sur un album c’est bien plus digeste qu’un Purpose à la production tout du long), J-Love plus fuide et moins poussif bref une très bonne combinaison. Mais J-Love reste toujours mieux servi que par lui-même avec le fameux Nighthawks et ce putain de sample de hibou,  surtout que le mec pimp ses propres tracks avec du Louis Vuitton microphonique, Large Professor, Trife Diesel, Cormega, Meyhem Lauren, AG da Coroner, Ill Bill, Vinnie Paz, Prodigal Sunn, Tragedy Khadafi ou encore Timbo King se succèdent au mic. Peu de choses dégueulasses ce qui met clairement ce Most Interesting Man Alive au-dessus d’Egotistical Maniac. On dira à la rigueur que certains tracks sont d’une banalité assez prononcée pour que la mémoire humaine puisse les oublier en 5 secondes. Le vrai défaut de cet album reste la surenchère quantitative de morceaux, on a l’impression de bouffer autant de titres qu’il y a d’effets spéciaux dans The Avengers, mais J-Love semble plus dans son monde à lâcher du street cd plutôt qu’un album plus réfléchi.


Il ne faut pas oublier qu’en plus d’être un super-mc en ¾ polyester, le Nighthawk est un putain de Professeur Xavier du rap jeu New-Yorkais, formateur et entraineur attitré la nouvelle école que l’on retrouve sur tout le skeud (AG Da Coroner, Meyhem Lauren et Shaz Illyork, manque que le gros roux) le mec va carrément kidnapper les gosses des autres. Rakim et Ghostface Killah veulent pas participer ou sont trop chers ? Pas de soucis le Nighthawk sait organiser des rafles de mioches en ramenant devant le micro Sun God et Tahmell (qui ont encore du chemin à faire pour venir gratter papa au mic).

Le Nighthawk n’a que faire des dictats imposés, en tant que défenseur d’un rap cimenté dans des valeurs dépassées ou trop vintage, le mec te sort son skeud en plein désert musical : le mois d’août ! De la promo ? Rien à foutre, le Nighthawk sait que les vrais seront directement envoutés par la pochette street/plateau de mer de Most Interesting Man Alive. Les critiques ? J-Love fait toujours du J-Love donc si t’aimes pas c’est que tu sais pas !

 

15/20

 

 

J-Love – Most Interesting Man Alive (2012)
4 vote(s)

4 comments on “J-Love – Most Interesting Man Alive (2012)

  1. nosta oner on said:

    LOL mortel, je valide!! ..j kiff le delire de J-love…c est toujours d une esthetique douteuse…voire meme pas douteuse du tout a c niveau !! mais les sons sont toujours du pur nyc du caniveau, une bonne equipe chid’dans pour kicker a ses cotés …bref …la rue quoi…
    Par contre qd meme qd il prend mic le J-love …c limite quand meme le flow a papa….mais bon c bien lui l daron d’ sa marmaille…
    pz

    • t’as vu qu’il vient juste de sortir un nouveau street cd : Pardon My Intrusion avec encore une pochette d’exception, achat obligatoire !!!!!

      http://www.j-loveonline.com/NEWTRACKLISTINGS/PARDON.html (le mec fait du ski en Ralph Laulau avec un putain d’ours : respect)

  2. nosta oner on said:

    LOL…putain….j me demande qd meme si il fait expres pour s faire son style a part….ou si vraiment au fond de lui meme …et ce, malgré les conseils de ses potes (je pense que dans son entourage kk1 lui en a deja touché un mot)…bah il pense qd meme que c est magnifiquement beau …….apres tout c un ricain la 2eme soluce n est pas totalement impossible. !!
    J-Love rules!!

  3. Je pense que si tu veux vraiment intégrer le gang des Lo-Life faut pas prendre le ridicule comme un fatalité mais comme une arme de persuasion (ou alors il a vraiment des goûts de merde)

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