Skip to content

Bunch Of Shit #1

Quand on a pas le temps de faire étalage sur chronique de tous les skeuds écoutés, autant faire un tire groupé : Bunch Of Shit, volume 1 !

 

Petite halte dans les quartiers « verdoyants » du Flushing Queens NYC où l’on croise le street certificated mc Nutso, vraie attraction microphonique du quartier, Nutso donne cette impression de faire partie de ces old-timers de l’underground tellement le mec se trouve sur une palanquée de projets et autres feats. Pourtant le mc est loin d’avoir une discographie prolifique, abonné au format EP, Nutso ne saute toujours pas le pas d’un LP même si à l’origine Behind These Bars devait sortir sous ce format. Attristé ou non, on va pas s’en plaindre vu que ces diverses livraisons suffisent amplement à faire du gars un élément solide de l’underground new-yorkais. Behind This Bars est donc un nouvel EP de 8 titres 100% fat rap.

Pas de demi-mesure avec Nutso, le beat doit être street, sonner boom bap et ressembler à de l’anthem underground. Mission presque réussie puisque la surenchère d’effets remplie son but (sans créer de vague…) et permet à Nutso et ses guests de lâcher des verses qui puent la rue. On gardera en mémoire des moments épic comme Doomsday (intime mais foutrement efficace), un petit street anthem cuté comme de la charcuterie, 4 Tha Streetz (ca ne s’invente pas), en présence de Camiliano, Chaze et du petit protégé de J-Love, AG Da Coroner. Dans le même registre Verbal Food avec Starvin B, AG Da Coroner, Shaz IllYork, Blacastan and Spit Gemz complétera votre jus d’orange matinal. Un EP divertissant et motivant ni plus ni moins.

14/20


Amis végétaliens et autres tentouzes pro-paix préférant arborer dans la main un bouquet de roses plutôt qu’une sulfateuse, préparez-vous à refaire un AVC musical avec le retour des deux bouchers du label Brutal Music : Stu Bangas et Vanderslice. Le renfort d’une alaise n’avait pas suffi à épargner votre literie suite au trauma provoqué par le Blaq Society de Blaq Poet, il va falloir passer au modèle couche puisque les deux bourrins reviennent à coup de burin musical et de sample écarteleur maison. Diggaz With Attitude espèce de carte postale façon abattoir roumain fait avec du sang de jeune innocente sortie tout droit des films d’horreurs les plus emblématiques du 7ème art.

 

Pas de surprise, puisque niveau production on reste dans le même modèle que leurs précédentes moutures alternant entre le bon et le moins bon mais surtout avec une réelle difficulté à reconnaître qui fait quoi sachant que nos deux tortionnaires décortiquent les cadavres de la même façon. Comme toute compile, dur d’y trouver une réelle âme, ni même un réel intérêt, on est dans la démonstration de force, on sort les invités pro hémoglobines et on déroule. Passer les grosses ogives saignantes comme First Degree Murderer (Stu Bangas) avec Vinnie Paz, Celph Titled (un des meilleurs mcs actuels) et Roc Marciano. Sorti tout droit de Summer in The City version cold in da street : Half Dead (Stu Bangas)  avec la seconde moitié des Demigodz, Apathy, de Cali Agents, Planet Asia et l’inévitable Roc Marciano ou encore The Gusto (Vanderslice) avec toujours ApathyRoc Marciano, Evidence et malheureusement The Alchemist (ce mec ne sait pas rapper, qu’il retourne derrière les manettes). Pour le reste ? Et bien il ne reste plus de bavettes saignantes ou tout du moins le reste se ressemble trop pour qu’on en fasse pas une indigestion de protéine…

12/20

 

Cher Alan,

J’avoue qu’en ce moment nos rapports se sont détériorés. Tu fus (fûtes ?) pendant des années un des piliers qui m’ont permis de croire que le rap pouvait vivre en-dehors de sa période dorée. Comblant l’absence de Muggs (même quand il est là), tu étais le dernier héritier d’une vibe crade et noire loin de ta jeunesse sous le soleil de Berverly Hills. Et puis d’un seul coup, t’as cru que tu pouvais péter plus haut que ton cul, que ton statut de roi des manettes te rendait assez intouchables pour lâcher merde sur merde ? Je ne reviendrai même pas sur ton pseudo délire à la con de rap de laboratoire avec Oh No et tes samples sans queue ni tête. Expérimental mon cul ouais, si c’était juste pour prendre des samples les plus pétés possible encore, mais là en plus t’as cru que tu pouvais raper avec ton flow de chèvre ? Bitch, est-ce qu’on demande à NaS de produire des beats ? Je vais pas parler de ton délire Russe Russian Roulette sinon je vais péter mon ordi. Mais pire depuis deux ans, tu es comme invisible aux samples, du taff de bas de tableau sans réel relief que ce soit ton Covert Coup avec Curren$y (pourtant très bien accueilli mais qui ne trouve aucune sensibilité auditive sur ce blog) ou cet espèce de machin que certains osent appeler EP : How Does It Feel de ChrisCo. Il ne restait que ta participation dans le dernier Evidence ou sur l’EP de Prodigy pour me dire que tout n’était pas perdu (contrairement à Pee et sa merde de H.N.I.C. 3 qui mèrite le retour à la case prison). Et là boom comme une évidence : sample minimaliste, ambiance dark, travail millimétré sur des samples hard discount, bref du ALC à son réel niveau, des All Alone, Dely New, Prophecy, Power Ballad ou encore Gamebreaker : du vrai caviar pour les oreilles. Mais voilà, tout cela rentre directement dans la catégorie wasted beat parce qu’au lieu d’aller chercher un putain de mc membré pour tes productions t’as pris la première daube qui passait : Domo Genesis. Le mec qui sert mais concrètement à rien, un flow qui n’en est pas, des phrases qui n’en sont pas, bref on se tape un ersatz de mc qui ne fait qu’emboiter des gros mots sans causalité. Quand on voit le taf de Freddie Gibbs sur Till The Angels Come, on se demande l’intérêt d’aller taper dans les seconds couteaux du OFWGKTA (et même pour le coup, Tyler The Creator était sévèrement calibré pour ce type d’exercice)…

12/20

 

Detroit, ville refuge d’un rap qui continue à traverser le temps sans se faire dégrader, ville d’une génération qui comme Philadelphie n’a pas eu peur de venir défier les grandes métropoles. Se retrouver avec un album estampillé Detroit pur jus, c’est comme du Limousin sur sa côte de bœuf, un gage de qualité. Mais voilà, parfois, il faut bien un bovin galeux pour venir casser cette hégémonie et nous rappeler que tout n’est jamais acquis… Lourd Fatt Father l’est dans tous les registres. Soit disant old timer d’un rap agressif et sans concession, gardien des vraies valeurs du Hip-Hop, pseudo tueur de mc en carton, Fatt Father avec son Fatherhood est tout ce que l’on peut exécrer des pseudos donneurs de leçon en croisade contre la nouvelle génération. Pire qu’un hook de Nicki Minaj, la démarche de Fatt Father ridiculise l’art de part ce nanar musical. Sous couvert de discours de dévotion pour le vrai rap et cherchant une crédibilité underground auprès de ses guests (Roc Marciano, Sean Price, Guilty Simpson sur Grime, un des seuls sons à peu-prêt passables), Fatt Father enchaine les 14 tracks sur un rap poussif, sans technique et lâché sur des productions de fond de cuvette de chiotte. Dans cette merde ambiante que l’on pourrait qualifier de fosse septique, on arrive à sortir quelque tracks de propre histoire de se divertir une minute ou deux, Raw Shit (et on remercie les guests : King Gordy, Seven The General et Phat Kat) et… Bah c’est tout…

08/20

Bunch Of Shit #1
2 vote(s)

2 comments on “Bunch Of Shit #1

  1. BK's Finest on said:

    Sur bien produit Covert Coup, je le trouve meme mieux que le Domo a ce niveau…. Bref perso ALC > le reste meme si je n’accroche pas a tout. Le gus est dans une position revee par n’importe quel prodo, il place bcp et cela sur toutes les cotes, enchaine projet de diggers (Russian), albums de groupes (Gangrene) et des albums de collabs (Covert, Domo, Rare…) et le taf est toujours de qualite qu’il nous parle a l’oreille ou pas. Le gus se fait plaiz car il peut se le permettre et meme s’il s’essaye a des choses que je n’aime pas toujours a cote il sort encore v’la les balouses et te sauve pas mal de skeuds ce qui prouve que le gus n’a pas regresse mais c’est diversifie.
    Pour le reste j’ecoute que Spyhunter sur le DWA, le seul son qui fait son d’album et pas de compile a mon avis, le beat est bon, Blacastan aussi dommage qu’il me parle moins sur ses solos… Le reste est bien produit mais sur-redondant… Pas ecoute les 2 autres skeuds et pas envie…

  2. J’ai fait exprés d’être virulent sur ALC, je trouve qu’il part trop loin, je critique pas le taf de beatmaker à proprement parlé, c’est juste les sonorités qu’il choisit qui me parle mais pas du tout. Sur le Gangrene je ne tiens pas plus de 3 minutes, le covert coup la vibe est trop lente pour mon style, un peu comme du stalley et comme j’arrive pas à adhérer aux premiers essais de Curren$y celui-là ne fait pas exception. au contraire le domo me parle vraiment, la vibe, le taff d’alc bref là c’est que j’aime chez lui. la critique est pas techniquement, elle est juste musicale.

    Ouais j’avais oublié le spy hunter des deux bourrins, les mecs ont un truc mais ils arrivent pas à mettre assez de relief dans leur taff pour réellement captiver

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Les balises HTML ne sont pas autorisés.